A la découverte des réseaux sociaux de bibliophiles français… part two

La semaine dernière je vous ai présenté le site de Libfly. Dans la poursuite de mon incursion dans les réseaux sociaux de bibliophiles, voici le compte rendu de ma rencontre avec les créateurs de Babelio dont la particularité est d’être plus axé sur la Francophonie.

Rencontre avec MM. Pierre FREMAUX et Guillaume TEISSEIRE fondateurs de BABELIO

Babelio est un site Internet qui a été lancé en août 2007 par trois associés passionnés de livres et d’Internet. Après avoir tenté d’adapter le service de LibraryThing à une communauté francophone, ils ont eu l’idée de créer leur propre réseau social de livres. « L’objectif étant de connecter les lecteurs entre eux et de suivre les lectures de ses amis ».

Au départ tous les lecteurs étaient visés et il n’y avait pas vraiment de cible. Malgré tout, la communauté de Babelio s’élargit progressivement car des membres plutôt féminin, trentenaires- quarantenaires du début aux choix de livres plutôt classiques, on arrive maintenant à des membres plus jeunes qui amènent du manga et de la bande dessinée. Il faut ajouter à cela que l’ergonomie simple du site favorise une prise en main rapide et de fait une communauté plus large.

Un site francophone

Depuis son ouverture, Babelio compte 6246 membres, contre 1096 pour l’Agora des livres : le site se fait connaître par le bouche à oreille bien sûr auprès des membres existants, par sa page Facebook ou des communiqués dans la presse off line. Même si la communication off line n’est pas à négliger, les fondateurs de Babelio constatent que le taux de transformation est bien plus important lorsqu’il émane d’un site Internet que de la presse traditionnelle. Auprès des plus jeunes, il s’agit surtout d’opérations d’accompagnement. Ainsi des professeurs de français ont fait des expériences avec leurs élèves voyant dans ce site un bon moyen d’amener les élèves à la lecture. Certaines classes de seconde ont donc des comptes Babelio permettant aux élèves d’y mettre des critiques de livres. Il y aussi eu un partenariat avec le Web pédagogique, un site Internet à destination des étudiants et des professeurs, qui a permit un relais de l’information auprès des documentalistes et des plus jeunes. Enfin, Babelio, site français et francophone, permet aux élèves québécois de s’acquitter de l’obligation de tenir un répertoire de leurs lectures tout au long de leur scolarité.

Les fondateurs de Babelio ont une culture du web professionnelle à laquelle ils avouent volontiers avoir rajouté le livre « l’avantage de l’Internet est de pouvoir lancer une activité à faibles coûts et de toucher sa cible directement Internet, meilleur outil pour connecter les gens ».

Plusieurs sources de revenus

massecritique.JPG Le site a plusieurs sources de revenus : d’abord l’abonnement. Pour 10 € par an ou 30 € à vie les membres premium peuvent mettre plus de 300 livres sur leurs comptes. Ensuite la « masse critique » est un service de presse en ligne pour les éditeurs : en effet, grâce aux critiques de blogeurs littéraires influents, l’éditeur peut avoir de la visibilité et Babelio plus de contenus. Bientôt une offre bibliothèque sera disponible pour permettre aux bibliothèques de récupérer du contenu (critiques, citations…). L’intérêt pour l’internaute est de bénéficier d’un outil gratuit de gestion de sa bibliothèque, l’usage personnel est d’ailleurs l’une des raisons principales qui fait revenir les gens.

D’autant plus qu’avec pas loin de 12 000 critiques, Babelio est un important réseau social francophone de « social cataloging ».

Le site aura bientôt un nouveau design et proposera de nouvelles fonctionnalités tout en gardant la volonté forte de s’installer dans le paysage de livres et d’en être un acteur incontournable.

Infos complémentaires :

  • les blogeurs littéraires représentent 300 à 400 membres sur l’ensemble de la base.
  • 30 000 visiteurs uniques
  • possibilité de gagner un abonnement premium en invitant 5 de ses amis.
  • widget de Babelio permet d’afficher un extrait de sa bibliothèque sur son blog.
  • le blog de Babelio

Merci à MM. Pierre Fremaux et Guillaume Teisseire pour cette rencontre sympathique et pour le temps qu’ils ont bien voulu m’accorder.

Nathalie Naquin, MBA Part Time 2008.

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