Allumer une brêche!

(Et non il ne s’agit pas d’un article consacré à notre vedette de la chanson et de la défiscalisation).

Habitué à imposer sa façon de faire aux autres acteurs du web, Google a su (ou dû) mettre de l’eau sur le feu avec l’affaire Murdoch. Pourtant de la fumée reste, et cette histoire cache à mon sens une position fragilisée du géant américain. Si, si, je vous assure, il suffit juste d’y ajouter un peu de fiction.

Le récent combat entre le magnat de la presse (voir billet précédent) et le premier moteur de recherche vient d’aboutir sur un compromis plus ou moins évident. En effet, Google a accordé le droit aux éditeurs de limiter l’accès gratuit à leurs articles, ce qui ne résout qu’à moitié l’utilisation des contenus sur Google News. Pourtant, malgré l’issue de ce bras de fer, Murdoch garde sa logique et continu de discuter avec Microsoft pour lui confier l’exclusivité de ses contenus payants.

Sur ce dernier point, beaucoup de leaders d’opinion pensent que se passer du premier acteur de search constitue un suicide économique. Et aujourd’hui je ne vais pas les contre-dire. News Corporation a beau posséder des titres populaires (The Times, WSJ) et des lecteurs fidèles, son poids sur la toile ne pèse pas assez pour contraindre Google. On pourrait prendre alors l’exemple d’un regroupement d’éditeurs influents négociant avec Bing pour se désindexer de Google, mais là encore nous ne sommes pas sûr de l’effet attendu sur le géant américain.

Par contre, imaginons qu’un site comme Facebook se désindexe totalement de Google pour une raison ou une autre. Ne continueriez vous pas à consulter votre compte, quitte à devoir changer de moteur de recherche? Pour les addicts, la question ne se pose même pas. Mais même pour les utilisateurs plus occasionnels, la plate forme communautaire doit leur être accessible, peu importe le chemin. Si l’on transpose ce cas dans le monde de la grande distribution, c’est comme si Coca Cola ou Nutella (les deux marques d’appel indispensables pour tous magasins en France) se déréférençaient des supermarchés Leclerc. On peut imaginer que les consommateurs de ces produits changeraient plus facilement d’enseigne que de marques. Alors vous me direz que rebasculer sur Google demande un effort minime par rapport au fait d’aller dans un second magasin pour faire ses courses… mais c’est déjà un effort dans un univers basé sur le concept de la fainéantise.

Ce scénario (un peu léger me diront certains) me fait relativiser sur la domination googlienne, et sur ses rapports futurs avec les producteurs de contenu. Et l’épisode entre Murdoch et Google permet au moins de se rappeler qu’Internet n’appartient à personne, même pas à Google.

Nicolas Henni-Promotion Full Time 2010

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