Art & Internet: l’esthétique du flux ou la version virtuelle du mouvement artistique des Nouveaux Réalistés?

Quel point commun y a t’il entre une artiste-peintre contemporaine comme Sophie Lavaud qui invite le spectateur à “plonger virtuellement” dans sa toile pour s’en imprégner et la modifier et le mouvement artistique fondé par Pierre Restany en 1960 autour de 12 artistes comme Tinguely, Klein, Arman et Heins?
La mutation du spectateur vers le “spect-acteur“: l’œuvre d’art n’est plus présentée comme un objet fini mais comme un évènement, un processus interactif dans lequel “le spectateur” joue un rôle et interagit à l’infini sur l’objet, la matière et sa représentation.

Comme le souligne Fred Forest dans son livre “Art et Internet” (aux éditions Cercle d’Art”) , le Net.Art constitue à la fois une rupture et une continuité avec l’Art “traditionnellement” défini par son marché et ses institutions……

En 1960, les Nouveaux Réalistes expérimentaient in situ et in vivo leurs créations artistiques. On parlait d’actions spectacles.
Certains se souviennent probablement à l’occasion de la retrospective de l’oeuvre d’Yves Klein au Centre Pompidou des films de ses mises en scène au travers de ses Anthropométries.
Face au public, accompagnées de musiciens, des femmes nues enduisaient leur corps de peinture, du célèbre bleu de Klein, pour donner naissance à une œuvre spontanée et imprévisible…..

Quelques 40 ans plus tard, Sophie Lavaud, partant d’une oeuvre originale peinte selon une technique de superposition de lavis transparents, puis scannée et retravaillée en numérique, créee une installation multimédia Centre-Lumière-Bleu.
Grâce au numérique, elle a pu réaliser le mouvement inverse de sa création en décomposant les différentes strates pour en créer un univers tridimensionnel dans lequel le spectateur plonge.
Non seulement la création originelle peut-être vue de l’intérieur mais en plus elle offre un dialogue entre le spectateur et la matière grâce aux capteurs de position placés sur son casque audio.

La question se pose alors de la redéfinition d’une œuvre d’art et de son rapport au public.
Le spectateur se mue alors en spect-acteur pour participer activement au processus créatif grâce aux techniques du numérique.
La création originelle et l’artiste n’existent t’il que pour initier cette interactivité?
Créent-ils vraiment un pont entre l’œuvre et le spectateur pour promouvoir l’Art et le rendre plus accessible ou au contraire créent-ils seulement un évènement éphémère et ludique?

En s’appuyant sur la définition donnée par Mikaël Dufrenne dans l’Encyclopédie Universelle de l’oeuvre d’art comme{{ce que l’homme produit, et ce qu’il en fait, et ce qu’il devient en faisant, parce que faire lui est essentiel}}
serons-nous tous artistes demain grâce au web et aux technologies numériques?
Le cas échéant, Internet sera t-il demain au vecteur de promotion de l’Art, de l’artiste singulier ou de l’artiste pluriel ou collectif?

Pour aller plus loin:
[|http://sophielavaud.org|fr] [|http://artnetweb.com|fr] []

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  1. This is a fascinating article with many tidbits of information that might prompt further investigation into any number of different areas – http://file.sh/art+torrent.html .