BING Le moteur de recherche social et intégré de Microsoft

L’événement des Techdays avec ses nombreux exposants et conférenciers fût riche en apprentissage sur l’environnement de Microsoft et ses interactions avec les différents acteurs de l’IT.

 

Bing

Un stand m’a tout particulièrement interpelé, celui de Bing. En effet, avec ses 90% de parts de marché en France, Google domine l’ensemble de ses concurrents qui se partagent les 10% restants! Afin d’en savoir davantage sur le sujet, j’ai eu l’opportunité d’interviewer au stand de Bing Mme Anne Sophie DUBUS, Directrice Marketing Europe.

 

 

Franck V. : Aujourd’hui j’utilise Google comme 90% des internautes, qu’est-ce qui pourrait m’inciter à basculer sur Bing ?

Anne Sophie D. : Avant tout, est-ce que vous connaissez bien Bing ? L’avez-vous déjà utilisé ? Si oui, par quel biais ?

Franck V. : Je l’ai découvert par de la publicité de Microsoft, mais je ne l’ai jamais réellement utilisé. Je suis davantage habitué à Google.

Anne Sophie D. : Il y a effectivement une réalité à prendre en compte, l’utilisateur ne souhaite pas changer ses habitudes par rapport à Google. De plus, très peu de personnes connaissent Bing, certaines pensant même qu’il s’agit d’une banque ! Cela démontre clairement un déficit de notoriété.

Franck V. : Comment combler ce déficit de notoriété pour bousculer les habitudes et gagner des parts de marché ?

Anne Sophie D. : Tout d’abord, il existe une différence selon les pays. Si on prend l’exemple des Etats Unis, Google ne cesse de perdre des parts de marché. Depuis l’alliance avec Yahoo, Bing est arrivé depuis deux mois à gagner de nouvelles parts de marché.

Aux USA, la nouvelle stratégie de Bing est maintenant de tester de nouvelles « features » comme la « feature sociale ». La home page est divisée en 3 pavés, et lorsque vous tapez par exemple « restaurant Seattle » vous obtenez :

- Le résultat de la recherche dite « organique » 

- Au milieu de la page : la liste de restaurants offrant la possibilité de réserver

- Le 3e pavé de la page : c’est l’interface sociale où apparaîtront tous les amis qui auront un jour like les « restaurants Seattle », avec leurs éventuels commentaires. On y trouve aussi des influenceurs qui auront noté les restaurants. Le like fonctionne grâce à Facebook Connect. Pour des raisons de confidentialité, vous pouvez activer ou pas ce 3e pavé.

Vos amis, vos cercles partagent leur avis sur le restaurant : la recherche devient ainsi beaucoup plus personnelle, comme dans la « vraie vie ».

Cette « feature » fonctionne parfaitement aux USA, elle est actuellement en cours d’adaptation sur les marchés internationaux.

 

Franck V. : Tout cela n’est pour l’instant déployé qu’aux Etats-Unis, on est donc aujourd’hui sur un moteur de recherche qui est plutôt light sur les autres marchés ?

Anne Sophie D. : Non il n’est pas light, il est comme Google en ce sens qu’il ne propose pas d’innovation majeure.

Franck V. : Google est une régie publicitaire, proposez-vous le même type de service en terme de ciblage publicitaire ?

Anne Sophie D. : Oui c’est la même chose, c’est même très simple pour les annonceurs d’importer leurs campagnes Google, en un clic dans notre plateforme. C’est similaire à l’approche Google.

Franck V. : Google met à disposition un certain nombre d’outils dont Google analytics, qui permet de faire de l’analyse statistique sur la performance des campagnes, est-ce que cela ne serait pas aussi une des raisons du succès de Google en France ?

Anne Sophie D. : Tout dépend de la population que vous ciblez, les spécialistes ou les personnes représentatives de la population française. Bing propose également le WebMaster Tool qui fournit quasiment le même type de résultats, il est moins connu, mais tout webmaster aura la même richesse d’informations que sur la solution Google.

Après, par la nature même d’un moteur de recherche, plus les gens cherchent, plus la pertinence des résultats augmente.

Franck V. : D’où la  question suivante : quelle est la pertinence des résultats d’une recherche avec Bing, sachant que votre part de marché en France est d’environ 5% ?

Anne Sophie D. : C’est justement le gros débat que nous pouvons avoir. Doit-on évaluer la pertinence sur la base de la part de marché ou sur la part d’audience ? Mon point de vue, largement partagé au sein de l’entreprise, est que la notion d’audience doit primer sur la part de marché. Une fois qu’on a la bonne base d’audience, à savoir le nombre de personnes qui nous utilisent, le challenge marketing peut commencer. Bing a une audience supérieure à sa part de marché. 18% de la population online française (soit 11 millions d’internautes) nous utilisent (source médiametrie), et ce malgré nos 2% de part de marché. Les raisons sont simples, Microsoft est très présent dans le secteur professionnel, à cela s’ajoute une base d’utilisateurs régulières, ce qui est énorme.

Franck V. : Je crois savoir qu’Apple vous a également intégré par défaut dans leur navigateur ? En est-il de même sur tous les devices sur lesquels sont installés votre OS ?

Anne Sophie D. : Oui, tout à fait pour Apple et les autres devices.

Bing est devenue une plateforme à part entière, dans le but d’améliorer l’expérience de search dans tous nos softwares et dans tous nos devices. Ce n’est plus un simple moteur de recherche comme il y a 4 ans. Par exemple, Bing fait de la voice search sur X-BOX,  a été intégré au pack office 2015… Un des objectifs du design de Windows 8 est de permettre de scanner son desktop à l’intérieur tout comme à l’extérieur. Aujourd’hui je peux faire n’importe quel type de recherche.

Par exemple j’ai entendu que le Pape a démissionné. Je peux donc effectuer une recherche sur Bing, sur Bing Actualités,  sur Internet Explorer, ou même sur l’appli de la vie catholique…

Nous avons énormément de projets d’intégration de Bing dans tout notre éco-système.

De la même façon, et je finirai là-dessus, aujourd’hui sur Windows 8 par défaut, vous avez des applis ACTUS qui sont donc du contenu, que nous alimentons grâce à des partenariats avec Le Monde, Le Figaro, … On utilise un mix de technologie algorithmique et éditoriale pour créer cette appli.

Bing se déplace donc sur le display et plus sur du search pur.

Franck V. : Bon, il ne me reste plus qu’à passer sur Bing…

Anne Sophie D. : Voilà, et il ne reste plus qu’à avoir une belle campagne de pub !

Franck V. : Merci beaucoup pour cette interview.

 

Franck VALVERDE (MBA MCI Full Time 2013)

@franck_valverde

1 Comment

  1. en résumé, rdv quand leurs tests sur la recherche sociale seront terminés…mais que va faire (ou que fait) Google de son côté? si la recherche sociale fonctionne, je ne vois pas pourquoi G laisserait de côté ce marché..