Comment faire du buzz sur le web autour d’une censure relative à une icône nationale

Pour annoncer la sortie de leur nouvel album , LES FATALS PICARDS ont profité d’un buzz, volontaire ou involontaire (moi j’ai ma petite idée), autour de la mort de Johnny HALLIDAY.

En effet, pour cet album, le 2ème chez WARNER MUSIC, les média se sont récemment faits écho d’une chanson humoristique du groupe picard qui se demandait ce qui se passerait “Le jour de la mort de Johnny”, ce monumental artiste français.

Cette vidéo enregistrée en studio est purement promotionnelle et sa propagation virale est forte : plus de 50.000 lectures (sur Youtube qui est censé ne plus diffuser aucun contenu WARNER !) en moins d’une semaine.


Les Fatals Picards – Le jour de la mort de Johnny

Comme l’indique Guillaume CHAMPEAU sur Numerama, “ça n’est qu’une illustration de plus de la difficulté qu’auront désormais les maisons de disques à s’adapter aux contraintes et à la réalité du numérique”.

En fait, ce titre ne figure pas sur l’album LE SENS DE LA GRAVITÉ des FATALS PICARDS qui paraîtra le 2 mars 2009.

Après l’écoute complète de l’album, WARNER MUSIC a préféré prendre l’avis de sa star, de notre notre star nationale ! Ce dernier a fait savoir à sa maison de disques (qui est la même que celle des FATALS PICARDS) qu’il ne souhaitait pas que cette chanson soit commercialisée, ni qu’elle apparaisse sur support discographique.

LES FATALS PICARDS ont accepté de ne pas l’inclure dans leur album mais ont choisi, dans un 1er temps de l’offrir gratuitement à leur public sur Internet (mais là en,core WARNER MUSIC s’y est opposé), pour finalement, dans le plus simple respect de leur droit moral, décider de l’interpréter en live dès le 15 janvier 2009.

Ils se sont expliqués à ce sujet dans un communiqué de presse officiel diffusé sur leur site Internet : www.fatalspicards.com (on note au passage la qualité de leur site qui est complet en infos et en médias, tant pour l’internaute que pour le professionnel à la recherche d’infos). Ce communiqué indique que chaque concert est filmé par un nombre important de fans.

Bien entendu, les fans s’empresseront de mettre en ligne leurs vidéos et de les diffuser auprès de leurs réseaux sociaux et communautés virtuelles.

C’est donc une nouvel exemple de e-marketing au service de l’entertainment, et inversement !

Tout cela est très habile de la part de ce groupe de rock engagé et à l’humour débordant car :

  1. ils bénéficient d’importantes retombées médiatiques en annonçant qu’une de leurs chansons ayant pour thème la mort d’une icône nationale ne paraîtra pas (ils arrivent donc à faire la promotion d’un titre qui ne sera jamais vendu) et que leur album sortira au mois de mars 2009 ;
  2. ils créent une attente de leur public lors des concerts qui devrait donc être nombreux ;
  3. ils usent de tous les ressorts de la viralité (vidéo, humour et sentiments) pour donner un nouvel élan à ce titre qui sera certainement considéré comme un don à leur public ;
  4. ils arrivent donc à créer un buzz qui leur permet d’atteindre sur la toile (ce qui n’est pas forcément le terrain préféré des fans de LA star française) le même niveau de requêtes que Johnny HALLIDAY : il est d’ailleurs étonnant de constater que les courbes de requêtes se croisent quasiment le jour de le mise en ligne de la vidéo de cette chanson (courbe ascendante pour les FATALS PICARDS et descendante pour Johnny HALLIDAY).

C’est ainsi que les FATALS PICARDS profitent d’un groupe FACEBOOK créé par un fan et intitulé “Pour que “Le jour de la mort de Johnny” soit sur l’album des Fatals Picards. S’appuyant sur l’importante fan base du groupe picard, ce groupe compte déjà 457 membres qui soutiennent cette “cause” et grondent !

A travers ce groupe (plusieurs sont consacrés aux FATALS PICARDS), ils échangent donc avec leur public autour de cette censure et entretiennent leurs relations avec une communauté de fans ardents. Cette “cause” a créé un lien unique entre le groupe et son public.

En fait, en exprimant publiquement qu’ils ne pourraient pas contrôler les exploitations de leurs fans, tout en participant à leur “révolte”, ils créent une logique de communication conversationnelle :

  1. ils diffusent une information assortie d’un contexte (censure mais liberté) => ils préparent le terrain à une forte demande ;
  2. ils attendent donc implicitement une réponse de leurs fans => ils espèrent que de nombreuses vidéos de cette chanson vont circuler afin d’accroître leur buzz, leur visibilité médiatique et donc l’attente de leur public.

Il est donc évident cette censure est un très bon élément en terme de ressort viral et psychologique pour susciter une large adhésion des fans à leur cause. Dans ces conditions, et grâce à la combinaison de toutes ces techniques e-marketing, l’annonce de la sortie de leur nouvel album est un succès.

Philippe DUPUIS – MBA MCI Part Time 2008-2009

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