Communication touristique des territoires ? Pour quoi faire ?

La France, autoproclamée première destination touristique, n’a toujours pas d application mobile ( Android ou apple… )…

Le site internet de la destination France, le Graal attendu et que tous les touristes du monde espèrent ( ah ?… ) reste englué dans les arcanes de l’administration française et est aujourd’hui en version Beta…

La critique est facile, mais de fait elle concerne toutes les institutions locales, régionales ou nationales.
Avec l’avènement du Web la communication touristique des territoires est devenue compliquée.
Application Apple ( Android ) ou pas, le site de l’Office National du tourisme Espagnol a moins de VU en juillet ( 460 K ) que Trivago.com ( 990 K ), le guide du routard ( 1 million ) ou le champion Tripadvisor ( 40 millions )…
Pour la Turquie, la Grèce, l’Egypte etc destinations privilégiées des touristes français, le constat est identique : nombre de VU médiocre, un nombre de pages vues ( entre 4 et 6 par visite ) toujours inférieur aux sites privés ( plus de 10 en moyenne ).

La transformation de l’intermédiation provoquée par le web a donc aussi touché la communication des territoires.
Que dire, quelle information apporter à un internaute qui est déjà au courant de tout via Google, Facebook, Tripadvisor, Booking.com etc… ?
Quelle valeur ajoutée lui apporter ?
Encore : pourquoi faire un site internet ?
Ce casse tête encombre les couloirs des administrations et ralentit les prises de décision.

Pourtant l’institution de tourisme local ( régionale, ou nationale ) reste une des premières sources d’informations à laquelle le touriste pense pour s’informer avant de partir ou pour faire son choix de vacances ( 7 inernautes français sur 10 considèrent l’office du tourisme plus fiable et attendent de lui de l’information sur le territoire )

Cet atout considérable n’est semble-t-il donc pas transformé.
La raison en est simple : peu d’institutions ont élaboré en leur sein une vraie stratégie web.
Les nouveaux métiers induits par le web ( community management, online marketing, référenceurs ) apparaissent peu, voire pas du tout dans les organigrammes de ces administrations.
Ces postes sont occupés bien souvent par des demis emplois, des stagiaires ou les plus geek des services…
L’enjeu est de taille car ces VU gagnés pourraient apporter les ressources financières manquantes à ces administrations.

Enfin l’Office du Tourisme, qui vit sur des budgets publics ( politiques ) a du mal à donner aux internautes les conseils que celui ci attend : Quel sont les meilleurs restaurants de la ville, de la région ? Quel est le meilleur hôtel ?
Là où le routard.com ou Tripadvisor.com vont classer l’offre selon les avis ou les expériences, l’administration touristique locale va elle hésiter à se mettre à dos les membres de son association ou de son groupement; Elle souhaitera rester neutre et se mettra dès lors hors jeu…

Des timides exemples existent pourtant, démontrant la vitalité et l’envie de bouger les lignes :
Le petit office du tourisme de Bisacarosse, son application mobile et sa boutique numérique…
Un Office du tourisme au Quebec, Montrégie.
Lyon par exemple qui a souhaité qualifier encore plus son offre en la segmentant encore plus.
Résultat, un site dédié aux visiteurs du Week end, à qui l’on fait des offres selon son humeur, à deux, en famille etc…dans une ergonomie très punchy…

Le fait qu’Atout France projette et promette aujourd’hui un site web B2C plus communautaire est un signe d’avancée indéniable et d’une bonne compréhension des nouveaux enjeux.

Mais le temps presse et les acteurs privés du web sont en train d’installer des habitudes qu’il sera difficile de changer.

Les Etats Unis ( 1ère destination touristique au monde ? ) ont résolu le problème.
Ils ont depuis longtemps abandonné l’idée d’une administration touristique nationale et n’ont donc aucun dispositif online public.
Serait ce la seule solution ?
A mon sens, non !

P Reine-Adélaïde

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