Géolocalisation et téléphone mobile

Une atteinte à la vie privée ?

Il existe plusieurs centaines de sites et d’applications mobiles basées sur la géolocalisation des possesseurs de téléphones portables : Foursquare, Plyce, Google Latitude, Facebook, Twitter… Pour cela, plusieurs techniques sont utilisées…

  • L’identification de cellules (les téléphones mobiles sont en liaison constante avec l’antenne qui couvre une cellule. L’opérateur identifie l’antenne à laquelle est connecté le mobile et relève ses coordonnées).
  • La triangulation à partir des trois antennes relais les plus proches du mobile utilisé.
  • Le différentiel temps (les antennes envoient un signal au téléphone concerné et calculent le temps que met l’onde à revenir).
  • Les puces GPS (via satellite) des téléphones qui en sont équipés.
  • La détection d’un réseau wifi identifié.
    • Crédit Photodisc

    Ce système risquant de porter atteinte au droit à l’anonymat de circulation, un cadre juridique, concernant l’exploitation des données qui en sont issues, a été mis en place dans la directive du 12 juillet 2002 : la traçabilité géographique des utilisateurs doit être le résultat d’un choix volontaire (opt-in).

En principe la plupart de ces services de géolocalisation permet de définir les conditions de diffusion  des informations recueillies ou nécessitent d’être installés et activés par l’utilisateur lui-même, ce qui réduit le risque d’une utilisation malveillante ou abusive.

Mais le marketing ciblé basé sur ce principe de traçabilité géographique n’étant pas interdit, la CNIL rappelle aux utilisateur de ces services que les informations les concernant peuvent être utilisées à des fins commerciales et que le premier réflexe à avoir est de rester vigilant sur les applications que l’on installe sur son téléphone, de lire les conditions d’utilisation qui doivent préciser la nature des données ainsi collectées et leur utilisation et qu’il est toujours possible de s’y opposer : les entreprises situées en France ont en effet pour obligation de se conformer à la loi Informatique et liberté.

De leur côté les fabricants de smartphones voient en principe leur responsabilité engagée par rapport aux applications fournies par leurs systèmes, via les contrats qui les lient aux développeurs d’applications et qui encadrent strictement la collecte de données personnelles. Apple contrôle ainsi « ses » applications avant de les mettre à la disposition des utilisateurs sur son Appstore.

La CNIL, pour sa part, met en place trois règles encadrant ces pratiques :

- Il ne peut y avoir localisation que pour rendre le service demandé par l’usager.
- Les données ne peuvent être conservées une fois le service rendu.
- Leur transfert à un tiers nécessite l’accord de la personne localisée.

Malgré ces contraintes, la géolocalisation, de plus en plus utilisée, reste peu encadrée juridiquement parlant, c’est donc à l’utilisateur de rester vigilant et responsable dans l’utilisation de ces services.

Catherine Robbe

Sources : CNIL – Les applications de géolocalisation sur mobile en questions (01/06/10). CNIL – La réalité augmentée en questions (16/08/10). CNIL – Les smartphones en questions (28/06/10). Le Journal du Net – L’utilisateur d’un service de géolocalisation ne doit pas être traqué (02/12/03). Mte Gérard Haas – Enjeux et risques des services de géolocalisation (11/06/02).

 
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