GOOGLE Shopping : jackpot or not ?

GOOGLE Shopping, nouvel eldorado des e-marchands ?

A l’automne dernier, GOOGLE lançait un nouvel outil : GOOGLE Shopping. Un énième outil de ce géant du Web ? Pas vraiment. Plutôt un shopbot à l’assise incomparable puisque basée sur la force de frappe en termes d’indexation du moteur de recherche américain. Un peu plus d’un semestre après son lancement en France, peut-on déjà qualifier GOOGLE Shopping d’acteur incontournable pour les e-commerçants ?

A écouter GOOGLE, son shopbot c’est de la dynamite

Du côté de GOOGLE, on avance des arguments somme toute basiques mais qui sonnent bien aux oreilles des utilisateurs potentiels : référencement optimisé, reach sans équivalent, panier moyen supérieur,  taux de conversion maximisé et interface statistique intégrée. Oui mais techniquement ? Techniquement, il suffit de basculer son catalogue produits sous format XML ou même TXT après avoir ouvert un compte sur GOOGLE Merchant Center. En outre, GOOGLE Shopping propose des paramètres largement dignes d’un excellent comparateur : libellé produit, prix, photo, descriptif, frais de livraison, lien direct vers le site de l’e-marchand et même les avis clients, un social accelerator désormais incontournable. Jusque là ça sent bon le dopage du taux de clic.       

E-commerçants, armez-vous avant d’y adhérer 

De l’autre côté du miroir, les utilisateurs ont plutôt intérêt à succomber aux sirènes des adwords mais aussi faire preuve de discernement. En tant que worldwide key player du search, votre moteur de recherche préféré (si, si, l’audience de GOOGLE en France en atteste) n’est pas devenu un incubateur de votre business en mode philanthrope. Étonnamment, les e-commerçants qui multiplient les adwords conservent sinon améliorent leur page rank. Le pilotage de sa présence sur GOOGLE Shopping est tout sauf automatique pour le marchand peu aguerri et/ou peu doté. Sauter dans l’océan d’offres GOOGLE Shopping, c’est affronter une concurrence polymorphe, accepter d’être comparé voire disséqué et savoir se différencier. Plus facile à dire qu’à faire ou qu’à financer… Être, par exemple, 10€ plus cher sur un produit n’est pas des plus approprié.      

En tant qu’utilisateur, il faut donc se poser au moins les questions suivantes :      

>Ai-je suffisamment étudié les best performers du marché ?  

>Dois-je basculer l’intégralité de mon catalogue ?     

>Ai-je le temps d’assurer une veille et un benchmarking constants ?      

>Dois-je dégager un budget adwords ?      

>Saurai-je traquer les clics inutiles ?  

>Ai-je la structure pour assurer la maintenance (rafraichissement du catalogue) ?      

>Bref, serai-je gagnant au final ?       

GOOGLE mobilise face à GROUPON

Outre devenir un comparateur de premier plan et engranger toujours plus de recettes, l’ogre de Mountain View, fourbit gentiment ses armes face au poil à gratter GROUPON. GOOGLE Shopping accouchera bientôt de GOOGLE Local Shopping pour une mise en avant de P.M.E./P.M.I. à l’aura locale voire régionale. Cela via une offre de services et une arborescence étoffées : filtres par taille, couleur, zone de chalandise, saison, etc. De quoi empiéter largement sur le business model de GROUPON qui allèche beaucoup d’acteurs du Web, à commencer par le moteur de recherche N°1. Doit-on rappeler le niet ferme opposé par le marchand de deals au géant du search qui, pourtant, a dégainé 6 milliards de dollars ?     

Alors, si je suis un e-commerçant modeste, dois-je favoriser les deals ou le récent mais puissant shopbot ? Choix cornélien. Et ce n’est pas en lisant cet article que je serai plus avancé. Seule certitude : pendant ce temps, les deux acteurs américains voient mes concurrents grossir leurs rangs et leurs portemonnaies…       

Sébastien JEHLEN, MCI Part Time 2010/2011

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