GOOGLE ÜBER ALLES (3/3)

Résumé de l’épisode précédent :

Nous nous étions quittés sur quelques 1/2 succès du géant de Mountain View, en nous demandant quels seraient ses relais de croissance pour la décennie à venir…

Voici de quoi satisfaire ton insatiable curiosité, Ô fidèle e-lecteur :

C’est la course aux 3 « M » !

Google 3

Source : Corbis – F. May

Avec plus de 2 Mds $ investis dans la R&D en 2008, 11 labos de recherche rien qu’en Europe, Google a une force de frappe hors du commun.

Mobile

Le levier du Mobile : la première bataille, c’est d’abord celle de l’audience, du « reach » maximal … Une des principales raisons pour lesquelles Google a racheté la régie publicitaire DoubleClick, est l’accès aux bannières et donc aux sites à gros trafics, qu’il avait du mal à capter avec le seul AdSense.

Dans cette logique d’audience, le mobile représente un nouveau territoire extraordinairement riche, tant celui-ci contient de potentiels applicatifs : tout le monde du « fixe » et encore davantage.

A travers le mobile, ce sont ses niveaux record d’audience que Google cherche à conserver, car il sait que le « téléphone portable » va rapidement se muer en terminal à tout faire, une sorte « d’extension hybride en mouvement » (cf. le Kindle de Jeff Bazos : 400 000 ex. vendus 359 $ aux USA, et qui peut télécharger tout ce qui se trouve sur le WEB : livres, journaux, fichiers MP3, podcasts…).

Encore faut il décloisonner les métiers et faire bouger les lignes : c’est donc l’outil qu’il faut d’abord dompter et rendre inter-opérable, grâce à une plateforme « maison » (Androïd) adoptée par plus de 30 fabricants dans le monde.

Puis viendront les applications spécifiques en cours de développement (jeux, collaboratif, social networking) et enfin un partage des revenus publicitaires ultérieurs avec les opérateurs … C’est vrai, à quoi bon jouer les « Apple », qui impose sa loi et rançonne les compagnies de téléphone, quand on peut faire de l’argent ensemble tout en étant … sympa !

Multimédia

L’indexation Multimédia : c’est le deuxième enjeu… En 2006, à la question « Qui peut dire à Google combien rapportent les vidéos en ligne » … YouTube répondait : « 5 Md$ ! » … Mais en 2008, Google pourrait avoir trouvé le sésame, car tout s’indexe !

Rappelez-vous, cela a commencé « classiquement » par l’indexation des contenus de sites web, pour continuer par ceux des e-mails, documents et vidéos de la vie privée, et finalement toucher les méta-données directement reconstituées ou rassemblées par Google (images satellitaires, photos de rues, géolocalisation … voire « cartes » ADN).

Mais aujourd’hui, l’indexation va bien plus loin avec le multimédia. Voici 3 exemples emblématiques :
* La vidéo : c’est un vecteur extrêmement invasif, car largement échangé en tant qu’objet de spectacle « images et sons », et une pierre angulaire de la stratégie de Google. Celle-ci consiste à encourager la production et la diffusion tous azimuts de ce support, pour attirer vers ses espaces multi-applications et multi-terminaux … et capter encore davantage d’audience. Les nouveaux formats publicitaires plus adaptés à ce média sont donc pour très bientôt.

* Le son : sur les tout derniers iPhones, l’application Shazam reconnaît très bien votre air préféré, malgré le bruit ambiant. De même, le principe de « Speech to text » serait parfaitement applicable à une conversation vocale en « live ».

* Les photos : rien de plus facile que de décrypter un texte apparaissant dans une photo, tout comme on reconnait une forme « caractéristique ». On pourra donc très rapidement faire le lien entre l’image et son contenu … Le logiciel iPhoto 09 se voit déjà doté de fonctions de reconnaissance de visages pour tagger ses photos (un support Facebook est également inclus). Cela permet de trouver facilement toutes les photos avec tonton Jacky dessus ! … A noter que, dans une logique parfaitement inverse, Google Street View (ou Second Life) peut autant viser à vous faire voir du paysage … que des panneaux d’affichage, des marques, et donc de la pub géolocalisée. Qu’en pense M. JC DECAUX ?

Money

Reste la Monétisation de tout cela : Google travaille donc sur des nouveaux formats d ‘annonces, encore plus ciblées et fortement personnalisées (contexte d’insertion, placement, web sémantique…). Sa plateforme c’est le web et son crédo reste la pub.

D’ailleurs, Internet ne représentant qu’une faible part du marché publicitaire total (moins de 10%), Google joue aussi le rapprochement TV-Web-Voice-Music-Game dans un même terminal pour lorgner vers le marché de la pub offline.

…. Dans un contexte de crise, il n’est pas sûr qu’internet (et donc Google) soit la première victime des baisses d’investissements publicitaires. Car le web est le média par excellence où tout se mesure… Rassurant en période de contrôle des coûts, non ?

«Nous sommes préparés»

A l’heure où les géants informatiques doivent se serrer la ceinture (suppressions massives de postes, gels des salaires), Google a fait état jeudi 23 janvier, de résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes. Ainsi, Google a enregistré un bénéfice net de 1,62 Md$, en hausse de 3,8% sur un an. Sur douze mois, le bénéfice net a «stagné», à 4,22 Md$ (+0,58%).

«Google a eu de bons résultats au quatrième trimestre, malgré un climat économique de plus en plus difficile. La croissance des recherches a été solide, les recettes sont en hausse dans la plupart des catégories, et nous avons réussi à contenir les coûts», a souligné le directeur général Eric Schmidt, cité dans un communiqué. «Il est maintenant clair que nous sommes dans une récession mondiale… Nous sommes préparés à nous en sortir, sans problème».

…Bref : « La Crise : même pas mal ! »

But … Google is me !

Enfin, pour terminer cette mini saga, petit retour en boucle vers les utilisateurs, puisqu’à bien y regarder, ce qui pourrait aussi sauver Google, ce sont bien vous et moi, à savoir, le vaste réseau de contributeurs. Voici 3 axes stratégiques cités en 2006 par Google :

  • Encourager le vaste parc d’utilisateurs à contribuer activement en lui fournissant des métadonnées qui permettront d’améliorer les résultats des recherches,
  • Appliquer l’expérience Wiki à la recherche, en habilitant les utilisateurs à améliorer les résultats dans leur propre domaine d’expertise, et créer des millions de pôles de compétences verticales,
  • Intégrer dans la recherche le ressenti utilisateur et les retours d’informations (classements, commentaires, tags)…

Tout cela sonne très «Web 2.0», mais le principe de co-création, où les acteurs «non traditionnels» deviennent contributeurs de la chaîne de valeur globale, est très vivace : Microsoft pousse aussi cette stratégie à fond (8,2 Md$ R&D en 2008), via quelques 300 start-up créatives … Un peu sur un modèle libre (2 000 bénévoles ont contribué à FireFox 3).

A suivre ….

Liens vers les 2 précédents épisodes de la Saga Google :

* Episode 1/3
* Episode 2/3

Liens vers les autres billets MCI sur Google :

* Microsoft et Google : points de convergence (Nadège Gaillard – Part Time)
* Rationalisation des produits et du protefeuille chez Google (Nadia Garidi – Part Time)
* Après Google et Microsoft et AOL, c’est au tour d’Apple de s’intéresser à Yahoo (Philippe Dupuis – Part Time)
* Le référencement naturel (Sophie Nataf – Full Time)
* Nouveau Google Phone G1 (Yves Philippe – Part Time)

Sources :

* www.abondance.com
* googlexxl.blogspot.com
* www.zorgloob.com
* www.branchez-vous.com
* www.silicon.fr
* www.google-stories.com
* fr.wikipedia.org/wiki/Google
* www.zdnet.fr/
* blog.kagou.fr

Billet publié par Yves PHILIPPE – Promo MCI Part Time 2008

Comments are now closed for this article.