Internet, le flux qui fissure les dictatures

Le ciment de l’autorité : le contrôle de l’information

Depuis toujours, au sein des tyrannies, le pouvoir avait l’habitude de juguler les velléités d’émancipation par la surveillance et le contrôle de l’information. Un schéma classique pour tenir le peuple à sa place et, bien souvent, entretenir une conscience collective, un esprit de corps et un nationalisme biaisés. Biaisés car développés via la communication à sens unique du régime. Mais, on n’inféode pas si facilement les esprits. Alors lorsqu’un journaliste, un représentant de l’opposition ou tout autre agitateur bousculait ou réfutait le discours officiel, il suffisait de faire pression sur lui et sa famille voire de “l’éclipser”. Au XXIème siècle, ces vieilles ficelles sont usées : internet, vecteur universel, n’est plus un simple caillou dans la chaussure du dictateur.

Il n’y a (presque) plus de pare-feu à l’information des peuples

La chute du régime Tunisien, ou révolution de jasmin, et les soulèvements en cours en Egypte et au Moyen-Orient ont entre autres pour point commun internet. Bien qu’en 24 heures, le réseau Egyptien ait été neutralisé à 97%, l’activisme électronique a persisté. L’information, ou plutôt les informations, ont passé les frontières et relié les individus. Les réseaux sociaux ont notamment contribué à l’expression de ces peuples opprimés mais également à la mobilisation de leurs alter-ego libres heureusement encore concernés et soucieux de l’émancipation de leurs frères inféodés. L’isolement géographique, les couvre-feux, les barrages n’ont pas empêché le torrent d’informations dématérialisées que véhicule le web chaque minute. L’union fait la force dit-on. Et, lorsqu’il y a une caisse de résonnance comme internet, les prisons de silence sont fissurées à tous les étages.

A qui le tour ?

Alors on se prend à souhaiter que le Birman, le Nord-Coréen, le Cubain, l’Iranien et tant d’autres se libèrent du joug de despotes bien assis grâce à sa souris, son clavier, le F.A.I. si possible en soutien. Par “malice” la Chine a interdit Facebook. Comme c’est étonnant me direz-vous. Mais jusqu’à quand ? Ces pays ne peuvent totalement empêcher les entrées et sorties du territoire des touristes, journalistes, business men, etc. A la base d’internet, il y a le facteur humain. Et l’humain par définition témoigne, communique, suggère. Le réel se répercute électroniquement et le virtuel se prolonge dans le réel. A l’heure où une bonne part des Occidentaux sont dans la starification personnelle sur les réseaux sociaux, les peuples opprimés ne demandent qu’à avoir une tribune d’expression libre. Les tyrannies ont du souci à se faire car avec internet elles en sont rendues à règler leur problématique originelle : comment contrôler et orienter l’information ? Il est déjà difficile de tenir cent personnes, alors mille ou un million de cris conjoints c’est bientôt mission impossible.

Sébastien Jehlen – MBA MCI Part-Time 2010/2011

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