Interview d’Anne Francin, promotion 2011, Directrice de clientèle Digital chez Carat – Aegis Média.

20 ans d’expérience professionnelle, un parcours très riche assorti d’un très bel exemple de reconversion réussie grâce au MBA MCI.

 

Anne, merci de m’avoir accordé cet interview, peux-tu nous dresser un résumé de ton parcours professionnel ? Après un master en communication et management de la qualité, j’ai démarré ma carrière chez Schlumberger en 1992 en tant que responsable de la démarche ISO 9001. J’ai passé huit ans dans le contexte de la qualité, la R&D et les achats dans un monde d’ingénieur avec une belle visibilité de l’ensemble des services de l’entreprise. En 2000, j’ai rejoint la division « Smart cards » en tant que « Project Manager » à l’international avec une phase d’appel d’offre avec NTT DoCoMo et le pilotage de projets multi-sites entre la France, la Chine et le Japon. En 2005, je me suis occupée de la communication sur la région CISMEA (Commonwealth of Independant States, Middle East, Africa) où j’ai défini la stratégie « marketing opérationnel » jusqu’à la fusion avec Gemplus en 2007. J’ai par la suite été débauchée par les Editions de La Martinière où j’ai créé le département communication, défini et déployé la stratégie online et offline, mis en œuvre l’intranet et l’extranet (presse) ainsi que pris la direction commerciale et marketing de l’activité « beaux livres » avec quatorze personnes sous ma responsabilité. Une réorganisation de l’activité au sein d’une seule direction commerciale a fait que mon contrat a pris fin en juin 2010.

Ceci nous amène donc au MBA ? Pas encore. A cette époque, je réfléchis à mon avenir dans un contexte de crise. Que faire à quarante ans avec dix-huit ans d’expérience à mon actif ? Je n’ai pas passé d’entretien d’embauche depuis douze ans. Je m’inscris au MBA Développement Durable de l’institut Léonard de Vinci. J’avoue malgré tout avoir un très grand intérêt pour le digital et Alexandre Stopnicki me donne définitivement le déclic lors d’une intervention dans le programme. Je décide par conséquent en novembre 2010 de rejoindre le MBA Marketing et Commerce sur Internet. Pour moi, c’est comme une révélation. Je suis parmi les élèves les plus âgés mais suis très bien intégré et j’adore le contenu de la formation ainsi que le corps professoral. Vient très vite la question du stage. Pas facile à quarante ans, d’être stagiaire mais je me donne six mois pour bénéficier de cette chance d’apprendre malgré une possibilité de job s’inscrivant cependant dans un process de recrutement trop long.

Hier un stage, aujourd’hui un métier, peux-tu décrire ton entreprise et ton job ? Oui. Ceci m’amène chez Isobar Carat aujourd’hui rattaché à Aegis Media, premier réseau international indépendant de conseil média et d’achat d’espaces publicitaires, cinquième groupe mondial de conseil en communication. Fort de ses 9 000 membres dans plus de 70 pays du globe, l’entreprise compte près de 1 000 collaborateurs à travers la France et ses différentes entités (Carat, Vizeum, AMProspect, Isobar, Posterscope). Mes premiers jours confirment que mon choix était le bon. J’ai un bon contact avec la société, mes interlocuteurs et l’activité. Pour moi, le monde de l’agence est une plus-value par rapport à ma précédente expérience que je pourrai exploiter. A mi-parcours de mon stage, je décide de mettre toutes les chances de mon côté. Je me positionne et réaffirme ma motivation pour poursuivre en CDI. Qui tente rien n’a rien, et cela paye puisque mon profil atypique plaît. Je suis titularisée sans période d’essai avec, pour commencer, deux grands comptes à gérer : Société Générale et Philips. Depuis, je vibre chaque jour au rythme de mes clients afin de répondre à leurs demandes (stratégie média digitale au sein de leur stratégie média globale), mais aussi anticiper celles-ci grâce à de la veille sectorielle et technologique. Chaque campagne est différente dans ses objectifs et dans ses budgets (de 20K€ à plus de 700K€ net d’achat média).  Elles sont plus ou moins complexes intégrant du média classique ou évènementiel, du social media, du mobile, de la création (bannières, sites, du SEA, SEO, du test produit…). Néanmoins les campagnes suivent toutes la même logique : veille, brief client, recommandation, plan media, mise en ligne de la campagne, optimisation, bilan et learning. Chez Aegis Media, nous avons la chance d’avoir des pôles d’expertise. Depuis 2 mois, j’ai récupéré dans mon portefeuille client le compte MAAF.

De quoi es-tu la plus fière Anne ? D’avoir rebondi dans le cadre de cette transition professionnelle, d’avoir pu avancer et de m’être remise en question. Aujourd’hui, d’avoir une reconversion très positive et un travail qui me plait.

Tu es très active sur les réseaux sociaux et sur Scoop.it. Sur Google+, tu te définis comme étant « geek, énergique, loyale, passionnée, à la recherche de nouveaux défis ». Quels sont tes défis pour les prochains mois ? Je dirais de continuer à pouvoir satisfaire mon client, de répondre à son besoin et que celui-ci me dise systématiquement « je signe où ? » à la fin de ma présentation commerciale comme ce fut quasiment  le cas lors de ma présentation de recommandation à la MAAF incluant un dispositif de branding avec un double objectif de notoriété et de trafic sur site.

Quel est ton site web préféré Anne ? Je n’en ai pas un en particulier. J’utilise avant tout internet pour aller chercher de l’info. Tous les matins, je consulte mon fil Twitter. J’apprécie Scoop.it pour son aspect « tout en un », Fnac.com, Facebook pour une utilisation avant tout professionnelle et les newsletters e-marketing pour la veille qui m’arrive en direct avec une vigilance pour ne pas m’abonner à tout mais à ce dont j’ai besoin.

Qu’adores-tu sur le web ? La possibilité de trouver tout ce que l’on recherche aussi bien dans le cadre professionnel que personnel. J’utilise avant tout un Blackberry en situation de mobilité en faisant des recherches sur Google mobile et ne twitte de toutes façons qu’à partir de mon mobile. L’Iphone viendra peut-être un jour même si j’ai déjà franchi le pas Apple avec un Mac et un iPad.

Que détestes-tu sur le web ? Le fait que l’on peut trouver tout et n’importe quoi. Qu’il est nécessaire d’être vigilant par rapport à cela et les données sur la vie personnelle notamment au travers des réseaux sociaux. Je ne le redis jamais assez à mes enfants qui sont les plus exposés aux travers du web (YouTube est pour moi une chance et un vrai danger sur le contenu auprès des plus jeunes).

Quels sont tes souvenirs du MBA ? D’avoir été dans une promo géniale avec des personnes entre 22 et 46 ans. Le sentiment d’avoir eu beaucoup de chance et de faire partie depuis d’un vrai réseau actif et d’amis avec lequel j’échange. Je garde également le souvenir d’avoir trouvé un job grâce au MBA, d’avoir pu bénéficier d’une expertise avec des profs ultras compétents et le sentiment d’avoir trouvé ce que je cherchais.

Quel serait le message que tu pourrais donner à la promotion 2012 ? De prendre tout et de provoquer le hasard. De ne jamais avoir peur d’y aller. De ne pas se sous estimer et rester positif et optimiste. D’avoir la pêche, de foncer !

Aurais-tu souhaité que je te pose une autre question ? Oui, si j’avais eu peut être d’autres recommandations à communiquer ? Dans ce cas, je dirais que pour acquérir une expertise digitale, c’est en faisant que l’on apprend. Qu’il ne faut jamais hésiter à poser des questions. Qu’il est important de rester humble. Et que dans la vie il est nécessaire de considérer que tout ce qui est passé est passé et que l’on doit s’en servir pour l’avenir de manière constructive.

Pierre Aveline – MBA MCI 2012

2 Comments

  1. Anne ne mentionne pas dans son ITW son irrésistible envie d’avancer, sa capacité à absorber et synthétiser l’info et son adaptabilité quotidienne. ;-)

    Bravo dans tous les cas :-)