Interview d’Arnaud Dufour

blog mci Nous avons le privilège d’avoir eu comme intervenant Monsieur Arnaud Dufour. Informaticien franco-suisse, Arnaud Dufour est né en 1970 à Lille. Après des études de sciences économiques à l`Université de Lausanne et d`informatique à l`Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), il se spécialise en informatique de gestion et devient premier assistant à l`Université de Lausanne.

Co-auteur d`un ouvrage sur les réseaux locaux et la téléphonie, il a lui-même écrit «Le Cybermarketing» et «Internet». Spécialiste du commerce électronique, il est cofondateur de Netvertis SA, une agence spécialisée dans la communication sur Internet.

En 2002, il vend son entreprise au groupe Micropole-Univers (France). Un an plus tard, Netvertis est intégrée dans Cross Systems Suisse, filiale du même groupe. En 2005, Arnaud Dufour rejoint la société blue-infinity à Genève. Dans le cadre de notre formation MCI il nous a permis d’avoir un panorama complet du monde de l’ebusiness.

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1. Quelle est votre fonction actuelle ?
Dans le cadre de mon activité principale, je travaille chez blue-infinity à Genève. Il s’agit d’une SSII d’environ 200 personnes disposant d’un pôle marketing & communication. J’y gère des projets Internet. A titre accessoire, je suis aussi chargé de cours à l’Université de Lausanne, en Système d’Information au MBA et dans le DEA en droit, criminalité et sécurité des nouvelles technologies.

2. Quel a été votre parcours professionnel ?
J’ai d’abord passé quelques années en milieu académique puisque j’ai fait un doctorat en informatique de gestion à HEC Lausanne. J’ai eu la chance de pouvoir alors écrire le Que Sais-Je ? sur Internet (dont la dixième édition sortira en 2006). En 1995, il s’agissait d’un des premiers ouvrages non techniques écrits sur le sujet en français. Parallèlement j’ai démarré une activité de conseil en stratégie Internet. En 1998, j’ai rencontré Pascal Rossini et nous avons créé ensemble l’agence interactive Netvertis. J’ai par la suite décidé de vendre la société au groupe Micropole-Univers dont nous sommes devenu la principale filiale en Suisse. Un an plus tard, fin 2003, Micropole-Univers a racheté le groupe Cross Systems. Nous avons alors intégré l’entité suisse de Cross Systems. En début d’année, j’ai rejoint b-i pour relever de nouveaux défis.

3. Quand est née votre passion pour Internet ?
Je dois dire que j’ai eu la chance de tomber dedans assez tôt. A l’université nous avons pu obtenir nos premières connexions en sciences humaines au début des années 90, avant l’émergence du web, avant même que n’apparaissent les premiers clients mail sur PC. Ma passion a grandi avec le web et la le développement des utilisations du réseau.

4. Comment avez vous connu la formation MCI ?
A travers le professeur Jean-Paul Aimetti qui m’a invité à y enseigner dès 1998.

5. Qu’est ce qui vous a donné envie d’enseigner au 3ème cycle MCI ?
J’apprécie le positionnement de cette formation axée sur le marketing sur Internet. Je suis convaincu qu’elle répond à un besoin du marché. Depuis des années, je plaide en faveur de services Internet conçus et développés pour les utilisateurs, qu’ils soient clients, citoyens ou particuliers. Le marketing sur Internet place le client à sa juste place dans la stratégie des entreprises. La formation MCI propose d’autres avantages, notamment son côté concret, puisque plusieurs enseignants sont des praticiens. L’évolution professionnelle des anciens diplômés atteste d’ailleurs de la qualité de la filière. J’ai aussi grand plaisir à partager mon expérience d’entrepreneur, les exemples concrets que nous vivons avec nos clients et cette passion face à cet Internet qui ne cesse d’évoluer.

6. Comment voyez vous l’avenir de l’ebusiness ?
Je partage la vision qu’exprimait le Gartner Group en 1999 déjà, à savoir la disparition prochaine de l’e-business à travers sa normalisation. Les comportements des utilisateurs consommateurs commencent à montrer que certaines opérations de commerce électronique sont déjà banalisées. L’Internet et sa dimension commerciale ont progressivement pris pied dans notre environnement de tous les jours. Consulter son compte bancaire, rechercher une information produit, passer une commande, ou remplir sa déclaration d’impôt en ligne deviennent des actes banals et c’est tant mieux. Les entreprises et les administrations intègrent aussi l’Internet dans leur fonctionnement et banalisent dans le même temps son usage.

Par rapport à l’avenir de l’e-business, il est clair que celui-ci va envahir tous les aspects de notre vie. Je vois d’ailleurs cette « invasion » comme étant quelque chose de naturel, de finalement plus banal que certains l’imaginaient en 1995. C’est une des sources du potentiel commercial du réseau. L’autre réside dans l’augmentation incessante du nombre d’internautes (le cap du milliard d’internaute est franchi en 2005 et les taux de croissance sur les 5 prochaines années sont supérieurs à 10%). Parmi eux, de nombreux clients potentiels qui vont découvrir puis s’habituer aux bénéfices de l’e-business.

7. Qu’est ce qui vous intéresse le plus dans le monde Internet ?
L’évolution permanente du réseau en terme de technologies et d’usages. L’émergence actuelle du web 2.0 est par exemple passionnante. Je suis passionné par le marketing sur Internet et plus globalement par la façon dont les entreprises peuvent utiliser le réseau et ses outils pour être plus efficaces. Je suis aussi très intéressé par l’évolution plus globale des technologies et de leur rapport à l’humain. La convergence numérique, l’avènement de la connectivité permanente, le développement de la symbiose entre l’homme et la machine sont des thèmes absolument passionnants.

8. Internet a-t-il modifié votre comportement dans la vie de tous les jours ?
Certainement, puisque je suis connecté un grande partie du temps. J’utilise, et cela n’a plus rien d’original, la messagerie électronique, la messagerie instantanée, le web, etc. C’est aujourd’hui une évidence. Ces outils sont des compléments utiles pour réaliser certaines tâches. Ils remplacent parfois d’autres façon de faire, mais très souvent les complètent. Plusieurs études montrent par exemple que de nombreux internautes effectuent des recherches sur Internet avant de procéder à des achats dans le monde réel. Cette complémentarité des outils est essentielle.

9. Faites vous des achats en ligne ?
Oui, bien sûr, depuis des années.

10. Quels sont vos sites préférés ?
Il a en a beaucoup. Au niveau commercial, je suis un fidèle de la première heure d’Amazon.com (et .fr bien entendu). Je commande également parfois sur le site de la FNAC. J’utilise un certain nombre de sites d’informations comme CNet News.com.

J’ai configuré ma page d’accueil sur MyYahoo! ce qui me permet de lire de nombreux flux RSS venant de sources « officielles » et de blogs individuels. Sans faire une liste qui serait longue, j’utilise aussi de très nombreux autres sites pour effectuer des tâches courantes (banque, voyage et transport, itinéraires routiers, vacances, événements culturels et billetteries, automobile, etc.).

A titre privé, je suis passionné de photos et je participe à plusieurs sites de communautés virtuelles (dont http://www.sanspretention.com, http://www.zyeuter.com, et http://www.flickr.com).

11. Quels sont vos conseils pour que les étudiants de MCI réussissent leur carrière dans le monde de l’ebusiness ?
En quelques mots et sans être exhaustif :

  • Défendez votre positionnement de généraliste dans le domaine
  • Ne négligez pas la dimension technique de cet environnement et développez vos connaissances informatiques
  • Soyez sensibles à la dimension internationale et multiculturelle de nombreux projets
  • Restez passionnés, curieux et en éveil, car plus que jamais c’est une certitude, nous n’avons rien vu de ce que l’Internet se prépare à nous apporter…

Interview réalisée par Delphine Fava & Fabien Vandecandelaere

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