Interview de Rémy Algava, ancien MCI 2008-2009, responsable de projet chez Allociné

Rémy AlgavaRémy a suivi le MBA MCI en 2008-2009. Il a effectué son stage chez Allociné. A l’issue de sa mission, il a été embauché pour s’occuper notamment du développement de l’activité de Alloclap, un projet de parcours cinéma dans les villes ayant accueilli des tournages de films.

Pourrais-tu nous dire ce que tu faisais avant le MBA MCI et pourquoi as-tu voulu suivre cette formation ?

Je suis resté 10 ans en maison de disques (Warner et Sony) en tant qu’attaché de presse. Au bout de 10 ans, j’avais l’impression de faire toujours un peu la même chose. Et puis, avec le téléchargement illégal, le marché traditionnel du disque s’est transformé et est devenu très difficile. Je travaillais avec de nombreux medias mais il me manquait le media internet. C’est pour cette raison que j’ai voulu suivre la formation, pour apprendre à connaître le secteur, comprendre quels étaient les différents métiers, apprendre le vocabulaire. Mon but était vraiment d’acquérir une spécialisation internet.

Tu as fait ton stage chez Allociné. Par quel biais l’avais-tu trouvé ? Quelles missions y as-tu réalisées ?

Allociné avait envoyé une offre de stage. Nous étions 3 ou 4 de la promo à y répondre et c’est moi qui l’ai obtenu. J’aime beaucoup le cinéma et c’était important pour moi de faire mon stage dans une société connue et bien positionnée sur internet. J’étais rattaché à la régie en tant qu’assistant de la responsable des Opérations Spéciales. J’ai ainsi travaillé sur la campagne Ciné 16, marque écran de 1664 de Kronenbourg. La campagne se déclinait en un jeu instant gagnant et consistait à récupérer un code sur les packs de bière et de l’indiquer sur site d’allociné pour pouvoir télécharger des films en VOD. La campagne a duré de mars à septembre 2009 et les résultats ont été très concluants. J’ai également travaillé pour Carte Noire, la marque du cinéma, pour lequel nous avons créé un espace dédié avec recrutement de «blogs reporters» sélectionnés sur le site pour couvrir des évènements cinéma pendant un an. De plus en plus de marques sont très intéressées par le concept d’opérations spéciales qui consiste à faire du sur-mesure, c’est-à-dire à créer des campagnes ad-hoc évènementielles pour des annonceurs horscaptif (hors cinéma) et à leur offrir une belle visibilité (fausses fiches film, teasing, création d’espaces dédiés, montage d’évènements…). Lors de mon stage, j’ai également eu la chance de travailler sur un projet intitulé alloclap. Le concept est de poposer un parcours cinéma dans les villes qui ont accueilli des tournages de film. Concrètement, nous mettons en place des panneaux des affiches des films qui ont été tournés dans la ville, aux emplacements où a eu lieu le tournage. Sur le panneau, des informations sur le film (bandes annonces, interviews, résumé du film…) sont accessibles en composant un numéro de téléphone dédié ou par un flash code utilisable pas les détenteurs de smartphone. L’avantage pour la ville ou la région est la valorisation du patrimoine, la curiosité que cela peut susciter pour les touristes et les visiteurs de la ville, la fierté que pourront en retirer les habitants et le commerce que cela peut développer. Le projet intéresse.

Et tu as été embauché… Félicitations!

Oui, justement pour développer ce projet. J’ai donc commencé lors de mon stage et je continue en tant que salarié d’Allociné. Je travaille en direct avec les deux patrons : Claude Esclatine, le président et Grégoire Lassalle, le PDG. C’est un projet très novateur qui se développe sur le off et le on. Nous sommes partis de notre base de données très complète sur les localisations de tournages. Pour la collectivité, le projet ne coûte pas très cher mais peut être très efficace en termes de valorisation des lieux même pour un endroit peu connu. J’ai en tête l’exemple d’un village dans lequel a été tourné un film de Jacques Tatie. Pour ce village, c’est une façon de se faire connaître et de communiquer sur un thème culturel et sympathique. Evidemment, nous prévoyons de créer des mashups sur Google maps, avec des points de localisation du parcours. Ce qui est vraiment intéressant c’est l’interactivité que propose le panneau. Nous pouvons communiquer plein d’informations sur le film par l’intermédiaire du numéro de téléphone et le flash code.

Peux-tu nous parler d’Allociné ?

AlloCiné a été créé en 1993. A l’origine, c’était un service d’informations sur les films en salles par téléphone. En 1997, la plate-forme internet voit le jour et devient l’un des cinq premiers sites éditoriaux français. A partir de 2006, Allociné se développe à l’étranger : Angleterre, Allemagne et Espagne. Aujourd’hui, c’est la première base de données francophone et la deuxième mondiale sur le cinéma et les séries après IMDb. En termes de contenu, c’est plus de 75 000 fiches films, 75 000 vidéos et 250 000 photos disponibles. En ce qui concerne l’audience, Allociné fait partie des 25 premiers sites publicitaires les plus visités en France. Nous comptons plus de 6,2 millions de visiteurs par mois en France avec 230 millions de PAP (pages avec pub) vues par mois. La société compte plus de 90 collaborateurs. Elle est organisée en 5 départements : rédaction avec près de 25 journalistes qui travaillent à la mise en avant de l’info cinéma et série, la Direction technique dans laquelle près d’un tiers des effectifs gère l’ensemble des développements techniques, le pôle numérisation qui réalise tous les montages et retravaille toutes les vidéos disponibles sur le site, la Direction Artistique avec 5 graphistes qui travaillent sur l’ensemble des projets liés à la publicité, au site et la Direction marketing & commerciale pour laquelle je travaille avec la régie intégrée, le marketing produit, l’international, le Marketing Salle et le CIS. La V6 du site est sorti fin novembre 2009. C’était un projet très lourd car il a fallu reprendre toutes les données et revoir l’ensemble de l’ergonomie. La V6 va vers plus de clarté pour l’internaute. Le site est plus moderne, plus ergonomique, et plus ouvert sur la communauté.

Que t’a apportée la formation ? Et quels axes d’amélioration préconiserais-tu ?

Le MBA MCI m’a notamment apporté tout le vocabulaire nécessaire pour travailler dans ce secteur. D’ailleurs, pendant la formation, je m’étais constitué un glossaire qui s’est révélé fort utile. L’autre apport indispensable a été de m’imprégner de la culture web, d’appréhender les différents métiers, de comprendre l’organisation d’une agence, de comprendre le « comment ça marche ? » et « Qui fait quoi ? ». Et puis, cela m’a été très utile d’étudier l’ergonomie d’un site, de voir les emplacements à privilégier, de comprendre comment cela fonctionne. Nous avons eu des intervenants vraiment incroyables, avec des fortes personnalités et très compétents dans leur domaine, qui nous ont transmis leur savoir avec beaucoup de professionnalisme et de générosité. Sur les points à améliorer, je dirais que l’ordre des cours n’était pas forcément optimal. En effet, nous avons d’abord eu des cours sur le marketing internet, et la façon de vendre un site, avant de savoir comment il fallait le construire. Et puis, je me suis rendu compte que j’avais encore quelques lacunes en arrivant chez Allociné. La compréhension de l’entreprise, de l’organisation, du vocabulaire n’a pas été immédiate. Il m’a fallu une période d’immersion qui a été assez difficile. Mon conseil : il faut s’intéresser et essayer de comprendre les aspects les plus difficiles de son métier ou de son environnement, même si cela paraît rébarbatif. Une fois que c’est fait, tout est beaucoup plus facile.

Et si c’était à refaire ?

Je referai pareil. J’ai vraiment été satisfait par la formation, par tout ce qu’elle m’a apportée. Et je suis aujourd’hui ravi de ce que je fais.


Lien : http://www.allocine.fr/

Alice Landrieu – MBA MCI Full Time (e=mci) 2009 – 2010

2 Comments

  1. PATRICIA

    Il faut vraiment dammer le pion a Gaumont ou UGC et allo ciné en a les moyens. Ce qui est sympa dans cette société c’est le fait de rebondir sur les innovations et c’est je pense l’avenir du cinéma qui souffre des changements culturels au même titre que la musique ou les jeux …Si on cherche de nouveaux talents , je suis preneuse !

  2. J’ai aimé l’entrevue avec M. Algava beaucoup. Il est très instructif et donne des réponses à beaucoup de mes questions. Je respecte cette personne beaucoup et je voudrais lui souhaiter bonne chance dans toutes ses activités futures. Continuez votre bon travail, M. Algava.