KissKissBankBank, le pionnier du crowdfunding

Nous avons la chance dans notre cursus à l’ILV, d’avoir des sessions dites “Rencontre VIP”, qui sont l’occasion de rencontrer des personnalités du web. Nous avons ainsi rencontré Pierre Bellanger, fondateur de Skyrock dont nous avions fait un compte rendu ici, Jérémie Berrebi de Zlio, Nathalie Bellaiche de chez Criteo,  Jean-Sebastien Cruz, fondateur d’Evene et de NetcoSport et cette semaine Adrien Aumont, co-fondateur de KissKissBankBank. C’est de cette dernière intervention dont je vais vous parler.

Comme dans toutes interventions VIP, l’intervenants nous parle tout d’abord de son parcours et de ce qui l’a amené à faire tel ou tel projets et choix. Adrien évoque alors sa première passion, le cinéma et avec un ton teinté d’humour nous dit qu’il a arrêté sa carrière dans le cinéma à 17 ans ! La salle est bluffé…en effet, il a arrêté l’école à 14 ans pour se diriger vers le cinéma, en effet la structure rigide et la position passive des élèves dans l’enseignement en France ne convient pas à tout le monde et particulièrement pas aux entrepreneurs. En l’espace de quelques années, il a le temps de voir plusieurs métiers du cinéma, puis il est embarqué dans la communication sur des actions de street-happening/marketing-buzz dans de grandes agences de publicité. En 2007, il se met à réfléchir avec des amis qui travaille en maison de disque à la question du financement de la production musicale. Si les ventes de CD chutent, comment aider les artistes? L’idée de faire financer son prochain disque par sa fanbase s’impose… Le concept est donc la, le crowdfunding, faire appel à la communauté pour financer son projet, car l’équipe de KissKissBankBank va rapidement étendre son périmètre à tout type de projet artistique et pas que la musique.

Je vous passe ici les péripéties, nombreuses, par lesquels KissKissBankBank est passé, entre les relations avec les investisseurs, les changements d’axes stratégiques tous les 3/6 mois, qui sont tout à fait normales pour les start-up innovantes…Il a été fait référence à la Théorie du Cygne Noir de Nicolas Taieb qui souligne la force de l’imprévisible.

Quelques idée fortes méritent tout de même d’être mentionnées :

  1. La relation entre un fan et l’artiste est tout à fait particulière, émotionnel, de l’ordre du rêve et que la variable financière en est très loin !
  2. Partez des amateurs et les professionnelles viendront naturellement ensuite
  3. Ne pas mélanger producteur et plateforme de levée de fond

Il nous relate ensuite une changement important de stratégie, un retournement complet de position, plutôt de dépenser de l’argent en création de trafic, demander aux porteurs de projets d’amener et d’animer leurs communautés existantes. En effet, “on ne finance pas un projet que l’on ne connait pas” et “on se lève pas d’un pied philanthropique tous les matins”..à savoir que faire des campagnes de publicité pour demander aux internautes de financer d’un inconnu, c’est un challenge. Or on a tous dans notre entourage des amis qui ont des projets et ont besoin de financement, la plateforme est la pour récolter être un intermédiaire, un facilitateur. Un des objectifs est qu’un internaute qui vient financer le projet d’un de ses amis, finance un autre projet par la même occasion, il parait qu’une fois découvert les vertus du dons désintéressé on y prend goût ! Suivre un projet, aider quelqu’un, participer à quelque chose, une expérience émotionnelle, un lien particulier avec un artiste… tous les étudiants retiendront cette belle formule : “ce qui a le plus de valeur n’a pas de prix”.

A Noter un très beau parteneriat avec La Banque Postale qui souhaite proposer à ses clients de financer des projets artistiques, des projets qu’en tant que banque elle ne financerai pas. C’est gagnant gagnant, KissKissBankBank fait profiter de sa plateforme et de son savoir faire en terme d’animation de communauté et La Banque Postale pour sa part offre un nouveau service à ses clients.

Il faut savoir que ce modèle de crowdfunding décolle littérallement aux Etats Unis avec en tête de pont Kickstarter qui a déja récolté 100M$ et vient d’annoncer son 10 000 ème projet financé, voir ici.

Au fait, vous vous demandez pourquoi ce nom? Et bien, nous avons posé la question, KissKissBankBank est à la fois un film de Stweart Sugg sortie en 2001 et bien sur une chanson que vous connaissez surement de Shirley Bassey pour un James Bond…pas mal pour un site web dont la vocation est exactement de financer le cinéma et les musiciens.

Alors, maintenant que vous avez compris le concept, à vos dons !!

Suivez-moi sur Twitter : @vincenttessier

Vincent Tessier Promo Part Time MBA MCI 2010-2011

Comments are now closed for this article.