La nécessité pour la télévision de passer au modèle 2.0 du web.

Le Web 2.0.
Nous en avons découvert les principales applications marketing et commerciales lors de ce deuxième séminaire MBA MCI grâce à nos talentueux intervenants.
Afin de comprendre encore davantage ce qu’implique la “révolution de la conversation” que Guillaume Vasse nous a décrit cet après-midi, je vais m’attarder sur ce sujet et sur son influence auprès du grand média traditionnel qu’est la télévision.

En effet, le passage au web 2.0 et son implication grandissante sur la toile a fait émerger une nouvelle logique de partage ; non plus basée sur l’information verticale d’une entreprise à un client mais sur un rapport horizontale entre une entreprise-humaine et un consommateur-humain.
Dans le monde du web, cette transformation sociale bien que radicale dans l’approche d’un média s’infiltre à tous les niveaux (blog perso, avis de consommateurs, votes ou appréciation quantifiée d’un produit, …). Ce n’est bien évidemment pas le cas pour les médias traditionnels qui ne sont pas à l’initiative de cette révolution.

On peut alors se demander comment le web 2.0 peut influencer la télévision…?!

Coté télévision, depuis 2005, à cause notamment de l’introduction de la TNT, l’audience des grandes chaînes connaît une baisse sensible. la durée d’écoute quotidienne des 15-24 ans a même chuté de 7 minutes en 2006 passant sous la barre des deux heures (1h58).
Coté Internet, depuis 2005, grâce à l’ADSL qui se généralise, les fonctionnalités plus lourdes de visionnage de vidéo sur Internet sont facilités sur notamment la cinquantaine de plateformes de partage de vidéo. On peut noter que 48% des internautes français regardent des émissions de télévision en ligne.

L’implication des internautes qui s’inscrit dans une démarche communautaire, avec une approche collaborative où un émetteur va solliciter les visiteurs d’un site ou les utilisateurs d’un service en ligne.
Cette Interactivité n’est pas possible de manière aussi souple sur la télévision qui restera toujours dans un schéma “café du commerce” avec la nécessite d’une unité de temps, de lieu et d’action. Internet a cette force de pouvoir s’abstenir de ces éléments sans pour autant casser le lien social entre les interlocuteurs.

Dans le cadre d’une passage de la verticalité à une horizontalité de la diffusion des messages, le web se nourrit de complexité et les experts changent. Désormais, l’expert, c’est tout le monde, dans le cadre d’une intelligence collective et d’une « alchimie des multitudes ».

La technologie n’explique pas l’intégralité du succès du web qui correspond à une dynamique sociale préexistante qui, par le biais de l’Internet, trouve de nouveaux moyens et canaux d’expression et ajoute du sens et de la valeur à l’information (tagging, commentaires…) et crée de l’intérieur une structure dont personne n’a le plan.

Le web 2.0 se caractérise aussi par le passage actif du consommateur dans la chaine de production dans laquelle l’internaute crée et consomme de la valeur dans le cadre de réseaux. L’architecture de la participation, qui permet un apport de valeur sans nécessiter d’effort spécial de l’utilisateur, devient le point de passage obligé des sites nouvellement créés.
Effectivement, pour exister auprès de sa clientèle, l’entreprise se doit d’être honnête et humaine dans ses relations avec ses utilisateurs. Cette souplesse rendue possible par la technologie ne fait pas partie du fonctionnement de la télévision classique qui doit évoluer pour rester dans le marché des nouveaux modes de consommation.
Ce n’est pas les quelques émissions du “médiateur” de France 2 qui révolutionneront véritablement le rapport entre le téléspectateur et le média qui reste dans une logique très verticale.

Pour évoluer dans ce sens, la télévision aura pour défi de suivre cette innovation du nouveau mode de dialogue (“révolution de la conversation” selon Guillaume Vasse de Skyrock). Ce qui suppose de transformer le mode de production des messages (l’internaute est un co-producteur de l’information), l’organisation éditoriale (l’internaute navigue véritablement, c’est lui qui dirige le contenu des sites, où ils ne va parfois plus, par la sélection des flux) et la distribution (l’audience est individuelle et interactive, on voit l’émergence des programmes à la demande type VOD).

L’impact du web 2.0 sur la télévision est donc multiple. Les enjeux sont de passer d’un modèle descendant et vertical, à un média collaboratif structuré, dans lequel les chaines pourront conserver la maîtrise de l’éditorialisation.
Ces modifications sont profondes et lourde à mettre en place tant cela demande une nouvelle vision de l’activité mais c’est aussi le principe d’une révolution !

Billet posté par Clément S.

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