La saga Free Mobile

Voilà plus de deux mois que Free Mobile a lancé ses offres décoiffantes en matière de téléphonie mobile. Retour sur un lancement marketing hors pair et quelques couacs…

Après une offensive des concurrents par le biais des médias et des réseaux sociaux, tout commence le 10 janvier 2012 où Xavier Niel, patron de Free présente devant 200 journalistes les offres Free Mobile :

- la première, à 19,99 euros par mois, comprend les appels nationaux et vers plus de 40 pays illimités, les SMS et MMS illimités et un accès à Internet avec 3 Go de data (six fois la moyenne du marché). Les abonnés Freebox ont droit au même forfait pour 15,99 euros par mois.

- la deuxième, à 2 euros par mois comprend 60 minutes d’appel et 60 SMS. Celle-ci est gratuite pour les abonnés Freebox.

Certes, à ce prix, aucun mobile n’est proposé gratuitement mais l’ensemble de ces offres sont sans engagement. Et puis, quand on connaît le taux d’équipement actuel en termes de terminaux, on comprend que Free Mobile ait privilégié l’abonnement nu.

Les principaux concurrents, ayant vu venir la menace, n’ont pas tardé à réagir en baissant leurs tarifs via leurs opérateurs low cost lancés quelques mois auparavant (Sosh pour Orange, Red pour SFR et B&You pour Bouygues Télécom). Il en va de même pour les MVNO (Mobile Virtual Network Opérator), soit dans le jargon des télécoms, les opérateurs sans réseaux louant leur capacité à Orange, SFR et Bouygues comme Virgin Mobile, Auchan Télécom, La Poste Mobile… qui baissent leurs forfaits et réaménagent leurs formules.

Mi janvier, plusieurs rumeurs se font entendre notamment sur la qualité technique du réseau de Free Mobile, retards dans la portabilité des numéros (possibilité de conserver son ancien numéro chez Free), retards dans la livraison des cartes SIM…

Fin janvier, SFR décide de modifier les plans tarifaires de ses forfaits classiques. Il est suivi par Bouygues début février. Par la même occasion, SFR écrit à l’Arcep (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes), gendarme des télécoms, pour lui faire part de sa réserve sur la qualité de couverture du réseau Free Mobile après avoir procédé à plus de 3 000 relevés.

Début février, une première panne de deux heures touche les abonnés de Free Mobile et d’Orange. Mais pourquoi Orange me direz-vous ? Parce que Free a passé un accord d’itinérance avec cet opérateur qui lui loue son réseau là où il ne peut assurer sa propre couverture. Orange accuse alors Free Mobile d’avoir saturé son réseau en faisant transiter en réalité la quasi-totalité de ses communications par l’itinérance.

Fin février l’Arcep, après enquête, juge les obligations de Free Mobile respectées mais note tout de même qu’une partie de son trafic passe par le réseau d’Orange. Toujours fin février, Bouygues Télécom annonce un plan de rigueur auquel Free Mobile n’est pas étranger.

Le 2 mars, une nouvelle panne majeure de plusieurs heures ébranle le réseau de Free Mobile.

Le 8 mars, des problèmes de coupures récurrentes entre 18h et 20h font surface et l’opérateur reconnaît que 90% de son trafic passe par Orange.

Le 20 mars, une nouvelle panne frappe Free Mobile et on commence à parler de clients perdant patience et quittant l’opérateur. Aussi, Orange menace de suspendre son accord d’itinérance. L’UFC-Que choisir réclame des indemnisations.

Dernièrement, des premiers échos font état de la conquête de plus de 2 millions de clients par Free Mobile en l’espace d’un petit peu plus de 2 mois. Du jamais vu. Côté social, les syndicats des télécoms estiment que 10 000 emplois seraient menacés par le nouvel entrant…

Tout comme il y a quelques années dans la téléphonie fixe, l’arrivée d’un nouvel opérateur sur le marché des télécoms n’est pas sans avantages et sans inconvénients non plus. Révolution tarifaire au bénéfice du consommateur, nouveaux services plus généreux (nouveaux forfaits data…). A l’inverse, problème de qualité de réseau et de service, menace sociale… Libre jeu de la concurrence me direz-vous.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Que ferez-vous ?

Pierre Aveline – MBA MCI 2012

2 Comments

  1. celine

    Sympa l’article ! Pour ma part je reste chez mon opérateur, le temps que les dysfonctionnements soient réglés…

  2. Nelly

    ;-)http://www.docnews.fr/actualites/bref-suis-chez-free-mobile,12535.html