La transformation de l’innovation

Comment se réorganiser pour maintenir des produits et des services que le public attend, en intégrant des nouvelles idées et parfois en sortant de sa compétence pour répondre au marché qui est en perpétuel mouvement ?

Suie à ma participation au salon IExpo à Paris Porte de Versailles le 9 Juin 2010.

Intervenants :

Jean Baptiste Soufron / Directeur de Think Digital, le “think tank” de Cap Digital.
Jean Marc Lazard / Responsable Labs et projets innovants chez Exalead (voir Quaero).
Frédéric Martel / Ecrivain (Mainstreram) et journaliste, Docteur en sociologie.

D’après Jean Marc Lazard, l’innovation c’est SIMPLIFIER.
Par exemple, en partant du principe que les technologies web sont adaptables à l’univers BtoB, on peut faire du SBA (Search Based Application) pour déplacer le prisme et se détourner des moteurs de recherche. La R&D est en fait un vrai sport de contact pour être au plus près du marché.
L’innovation c’est aussi un budget. Pour Exalead la part du budget R&D représente 1/3 de leur CA, ce qui est nettement au dessus du marché. La R&D ne se limite pas à la recherche : elle est devenue un élément de pouvoir (le Soft Power).

En faisant référence au marché de la musique, Frédéric Martel, quant à lui, compare les Majors à des banques qui font travailler les PME/PMI indépendantes.
Avec la crise du modèle de la musique aujourd’hui, il souligne que les indépendants ne sont pas contre le système, mais qu’ils sont bel et bien LE système (souvent sous la forme de start-up).
Dans le marché du cinéma, il note que les studios d’Hollywood ne sont plus des usines de fabrication. Ils ont suivi une e-transformation.
La R&D peut désormais se faire indépendamment du studio grâce à la «creative class» représentée par des petites structures et universités.

L’innovation résulte d’un partnership à 3 voies : innovation/R&D = Public (ex: UCLA) + non profit (MIT) + private (le marché).

Hollywood ne serait pas si fort sans les acteurs et universités publiques.
Google n’existerait pas sans l’université de Standsford où il est né, et qui détient encore l’algorithme Google.

Alors… Qu’est ce qui fait qu’un pays innove ou pas ?

Voici quelques exemples :

On l’a vu dans les exemples ci dessus, il existe une logique marché, à savoir la manière dont les acteurs peuvent et sont organisés.
Le contexte politique, économique et social est bien entendu l’élément clé.
La France, par exemple, a une culture d’information Top down. Un frein évident à l’innovation, surtout pour un pays ou la diversité culturelle, levier de l’innovation, est si forte.
Les entreprises en UK utilisent 80% de leur budget dans les logiciels pour équiper leur structure.
Les universités aux USA (pays où se trouve la plus grosse concentration de start-up) offrent une année sabbatique à tous leurs professeurs après 5 ans dans leurs locaux. Il faut savoir qu’aux USA, même si un projet sur cent est retenu, tous les développements sont rémunérés même ceux qui n’aboutissent pas (différence de taille avec la France par exemple qui ne rémunère que les développements qui aboutissent, soit 1 sur 100).
Google offre un jour par semaine à ses salariés pour contribuer à la créativité par l’épanouissement.
L’Israel, dans un contexte géo-politique tendu depuis des années, lutte et innove, et est reconnu pour cela.

 TwimBox, le 16 Juin 2010

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