L’Art sur Internet mission impossible?

Certains marchés peuvent sembler difficiles à développer et à transposer sur le Web. L’Art en est un parfait exemple.

Effectivement, au premier abord, quelques freins apparaissent : la crainte des d’artistes que leurs œuvres soient contrefaites, la question de l’authenticité, de la logistique ou bien encore la difficulté de vendre une œuvre d’Art derrière un écran alors que le contact et la séduction sont des facteurs clés.

Et pourtant, depuis 2 ou 3 ans, de plus en plus de sites d’Art se développent avec réussite. Le marché de l’Art est peu à peu conquis par Internet !

Tout d’abord, les artistes, grâce au digital, sont désormais moins dépendants du fait de « décrocher » une galerie. Ils peuvent exposer leurs œuvres de façon indépendante sur des galeries virtuelles telles que « Secteur 54 », sur les réseaux sociaux d’artistes tels que « Artisteo » ou à travers leur blog.

Ils prennent également de plus en plus conscience de l’outil indispensable que le Web et les réseaux sociaux représentent pour leur promotion. Effectivement, les enjeux pour les artistes sont multiples : diffuser leur travail largement et ainsi atteindre une plus vaste cible d’acheteurs, saisir l’opportunité de les fidéliser plus facilement, mais aussi développer leur renommée et ainsi faire augmenter leur côte.

Alexia Guggemos, ancienne MCI et auteur du livre « Les Réseaux sociaux expliqués aux artistes » a pour objectif d’évangéliser le monde de l’Art et en particulier les artistes sur la nécessité d’utiliser Internet pour communiquer et vendre.

C’est une des raisons qui l’ont incitée à créer le Grand Prix de l’e-réputation des artistes, dont elle est présidente.

Ce prix récompense les artistes les plus populaires sur le Net (en 2011 et pour la France : Space Invader , Marc Desgrandchamps et JR) et les artistes les plus présents sur les réseaux sociaux (Sophie Calle, JR et Pierre Soulages).

Du point de vue des plateformes de vente d’Art sur Internet, les initiatives se multiplient pour démocratiser ce marché qui a encore une image élitiste.

De la vente d’Art digital de S(Edition) ayant pour objectif de vendre des œuvres disponibles sur tous supports digitaux jusqu’aux bourses de l’Art telles que Artexchange et My Art Invest permettant d’acheter des parts d’œuvres d’Art, les acteurs ne manquent pas de créativité.

Certains magnats du Web tels que Jack Dorsey, fondateur de Twitter et Eric Schmidt, ex PDG de Google, sont également convaincus du potentiel de développement de l’Art sur Internet. C’est la raison pour laquelle ils ont créé ensemble une plateforme mettant en relation les vendeurs et acheteurs d’Art : Art.Sy. Sa particularité est de reproduire le modèle « Pandora Radio» : les acheteurs potentiels se voient recommander des œuvres en fonction de leurs œuvres favorites.

Le modèle des foires d’Art qui connait un succès impressionnant in « real life » n’échappe forcément pas à la transposition sur le Web. Ainsi, la VIP Art Fair, première foire d’Art sur Internet, a réuni 160 000 visiteurs en 6 jours pour sa deuxième édition. Les pays émergents profitent largement de cet événement pour promouvoir les œuvres de leurs artistes.

Mais la clé du développement des ventes d’Art sur Internet réside probablement dans la réassurance, les acheteurs souhaitant avant tout savoir si l’œuvre présentée est authentique et vendue à un prix correct. Le site Expertissim, élu meilleur espoir du e-commerce par la FEVAD en 2011, l’a bien compris. Chaque objet d’art et d’antiquité vendu sur la plateforme a été authentifié et évalué par un expert. Créé en 2008, le site connait une forte croissance avec 100.000 visiteurs par mois et un panier moyen à 1 100 € environ, soit l’un des plus élevés du secteur.

Et qu’en est-il des maisons de ventes aux enchères ? Et bien, même si toutes les institutions renommées ont développé des sites de ventes en ligne, il ne s’agit souvent que d’une duplication des ventes qui ont lieu en salle. Le chiffre d’affaires réalisé sur le Web est d’ailleurs limité pour ces acteurs, par  exemple celui de Christie’s représentait à peine 2% du CA total en 2010. Ceci explique peut être le peu de créativité déployé. A moins que ce ne soit l’inverse….

Mais l’ouverture des enchères à la concurrence risque de bouleverser la donne. Ainsi, Artprice, qui est à l’origine la plus grande base de données au monde du marché de l’Art sur Internet, organise des ventes aux enchères en ligne depuis ce début d’année. Les commissions appliquées par Artprice se situent entre 5 et  9% alors que celles des maisons de ventes aux enchères telles que Christie’s et Sothebys sont autour de 25%. Celles-ci, conscientes que les ventes vont se développer sur Internet, devront rivaliser de créativité pour faire face aux pure players qui deviennent des concurrents de taille. La bataille des marchands d’Art sur Internet deviendra donc inévitable !

Il y a donc fort à parier que le marché de l’Art sur Internet n’en est qu’aux prémices de son développement…

Alexandra Brielles @AlexBrielles

Carole Costalonga @tiramisuaddict

 

Pour en savoir plus sur l’e-transformation du secteur de l’Art :

Slideshare Etransformation du secteur de l’Art

Pour en savoir plus sur le livre d’Alexia Guggémos : “les réseaux sociaux expliqués aux artistes” 

1 Comment

  1. Je ne comprends pas bien. Igraal, c’est un site comme ebuyclub ? ou cela fonctionne avec ton compte ebuyclub ?Car moi, ebuyclub, pour le moment, je ne compte pas changer puisque j’en suis à 300€ de remboursé