Le jour où nous avons créé notre start-up..

C’était un 29 janvier 2010, par une belle journée d’hiver…

Nous avions 4 heures de cours avec A.S et c’était notre troisième session, l’ultime étape dans notre aventure entrepreneuriale.

Business_start_up.jpg

J’arrive avec quelques minutes de retard et je découvre que tout le monde est déjà installé par équipe. No et A. m’interpellent, « viens avec nous, on va bosser sur le projet de No ! », je les rejoins donc au dernier rang. Je jette un rapide coup d’œil circulaire : 5 rangs, donc j’imagine 5 équipes. Jusqu’ici tout va bien.

« Puis-je avoir votre attention svp, je vous donne les consignes ». A.S. prend la parole et nous explique les règles. En résumé nous avons un peu plus de 3 h pour :

  • trouver un concept, un nom et un slogan,
  • élaborer une présentation de 10 slides (qui décrira les stratégies commerciale et marketing, le business model, la répartition du budget par poste, la valorisation de notre start up dans 5 ans..).

L’objectif final est de convaincre des Business Angels (joués par les étudiants de ma promotion et A.S) d’investir dans notre projet. Le choix est individuel, chacun pourra donner 0 ou 10 KE en billets de monopoly!

C’est parti,14H45. Franchement, ce n’est pas simple. Nous hésitons sur le thème : la musique, les voyages, les rencontres….
Les idées fusent, les esprits s’échauffent. Il faut de la folie, il faut de l’impossible, du sur dimensionné. Nous sommes tellement habitués à être dans un cadre, à respecter des règles que c’est déroutant de ne pas en avoir. Nous bloquons. A.S vient vers nous, il attend un premier brief. On baragouine un semblant de concept, vu son expression, il n’est pas convaincu. Nous avons droit à Pas mal mais ça manque de folie, c’est encore trop réaliste, trop cartésien… lâchez vous!
Nous regardons tous No.et M., ce sont eux les créatifs de la TEAM. Allez, proposez-nous quelque chose, donnez-nous du rêve, donnez-nous du Love !. Mais c’est ça, ce sera ça notre concept. Nous allons donner du Love ou plus exactement nous allons simplifier la Love des personnes célibataires, des personnes en couple, de toutes les personnes qui cherchent une relation pour une nuit ou pour la vie. Nous tombons enfin d’accord, notre start-up est née :
« PIMP MY LOVE, simplifiez-vous la Love »
(système de puce téléphonique qui détecte une personne avec laquelle vous avez des affinités).

STOP, la première étape s’achève. Les groupes passent, les concepts s’enchainent, nous découvrons :

  • BIZBUZZ, faire du Buzz pour son biz by Boys Band’s Team (équipe 100% masculine)

(site internet dédié aux porteurs de projets pour lever des fonds auprès des internautes)

  • BRAINFORME, the time liberator by Mum’s Team

(système de puce électronique qui capte les pensées et les convertit en actions)

  • ROLL AND MOVE, cut and play” by Geek’s Team

(papier mural qui devient un écran d’ordinateur)


  • I LOVE YOUR FACE, parce qu’il n’y a que le physique qui compte by Copycat’s Team

(moteur de recherche pour trouver votre moitié à partir d’une photo et d’une zone géographique)

Nous passons après eux et ils sont sur le même marché que nous : les rencontres. Nous nous motivons, pour se démarquer nous devons faire UN SHOW. Nous improvisons une rencontre entre deux femmes grâce à Pimp my love. Nous obtenons des sourires, des rires, c’est plutôt bon signe, non ? Tous les équipes sont passées, A.S debrief et demande à chacun d’attribuer un don au projet qu’il soutient.
Bilan de la levée de fonds : nous sommes dépités, nous n’avons récupéré que 40 KE, autrement dit rien. Nous ne comprenons pas, M. n’arrête pas de répéter : je leurs ai donné du love pourtant, j’ai donné tout ce que j’avais !. No boude, ça va être compliqué de poursuivre. A.S passe nous voir et nous dit qu’il a fait exprès de ne pas nous donner d’argent pour nous frustrer. Bien vu, ça fonctionne !

15H45 Nous démarrons la seconde partie, la plus longue et la plus complexe. Nous organisons notre structure et la répartition des taches :

  • R. affine notre concept,
  • No. doit valoriser notre start up dans 5 ans,
  • A. et O. sont ravis de récupérer la partie financière,
  • M. et moi héritons des stratégies commerciale et marketing.

Veille sur le net, manque de créativité, formulation, reformulation mais aussi agitation, énervement, agacement. Ça fuse dans tous les sens mais nous ne produisons pas grand-chose. L’heure tourne, il doit être 17H00 et nous craquons les uns après les autres :

  • O. : « j’ai le temps pour une pause ? »
  • M. : « je n’ai pas pris mon pom’pote ! Je ne peux pas réfléchir sans mon pom’pote, je veux mon pom’pote ! »
  • No : « je ne suis plus motivée, franchement, pourquoi nous n’avons pas eu plus d’argent »
  • R. : « j’écris quoi ? j’ai fait des slides mais je ne sais pas si ça va ? »
  • A. : « je ne peux pas travailler comme ça, je ne sais pas faire ça moi. Je n’aime pas survoler les choses »
  • moi : « M…. ! J’ai fait une fausse manipulation, j’ai perdu le fichier ! »

A.S nous achève en annonçant que nous avons cinq minutes pour compiler nos slides. Pas le choix, nous allons finir « à l’arrache ». Certains points ne sont même pas traités, on supprime la slide. Nous obtenons finalement 10 slides pour 5 mn, ça va être dur !!

STOP, 17h15. Le second tour démarre , les groupes repassent : BizBuzz, Roll and Move, I love your face, Brainform et nous.
M. ouvre la marche, No met la clé, c’est parti. Notre projet est inachevé, heureusement que j’ai des acteurs dans ma team.

  • R. démarre avec une voix douce et rassurante,
  • A., tétanisée, décide finalement de se lancer et elle assure,
  • M. enchante les foules avec son doux flow,
  • O. parle avec ses mains et focalise tous les regards sur lui (et pas sur nos CA improbables affichés sur l’écran),
  • No temporise et rassure avec son flegme naturel.

Et moi, je fais quoi moi ? J’interpelle Max, qui semble perplexe, pour impliquer notre public.

STOP, 18h00. Enfin, A.S conclue. Il est plutôt satisfait car toutes les équipes se sont impliquées et ont respecté les règles du jeu (excepté la maitrise du temps). Nous avons tous été créatifs, réactifs et motivés.
Personnellement, je me suis bien amusée. J’ai trouvé l’exercice très riche en émotions et en sensations : stress, manque d’efficacité, manque de précision, nervosité, rire, tout s’est entremêlé. J’ai pris conscience de la difficulté pour un entrepreneur de monter un projet, de le présenter et de convaincre. Le bilan est complètement positif.
Je sais bien que ce n’était qu’une simulation mais cela ressemblait beaucoup à la vraie vie. Et pour preuve, je vous invite à lire ou relire l’article d’Angéline sur le «premier startup week end de Paris ».
Enfin, je tiens à remercier toute la promo e=mci et en particulier « ma Team » qui m’ont bien inspirée pour cet article.

Farah N’DIAYE(promo e=mci) Full Time 2009-2010

2 Comments

  1. Sophie Trottier - e = MCI

    Oui, un exercice un peu surréaliste ! Mais, voici une promo de 28 têtes vraiment bien faites… Aucun n’a flanché, tous ont présenté un concept, une idée. Il y a eu rapprochement de projets, partenariats. Un concentré d’énergie, un jeu de rôles amusant. Vive MCI, qui nous pousse hors de nos zones de confort !!!

  2. PATRICIA

    Génial farah ce petit bout de nous même dans le flot des investissements très proches pour certains d’entre nous sans doute .
    Mais je voulais dire a “M” (trop naze, comme si on voyait pas qui il etait !!!) ne te decourage pas , a force de persévérance et de charme de tes charmantes collaboratricesca va marcher ! Bravo à l’equipe