Le magma de l’information

Comment gérer la surabondance de l’information sur internet ?

Suite à ma participation au salon Iexpo 2010 à Paris Porte de Versailles.

 

Intervenants :
François Bourdoncle / Co-Founder Exalead
Isabelle Falque Pierrotin / Conseiller d’État et Présidente du Forum des droits sur l’internet
Alain Trebuck / Global Media Santé + Président du SNPM

Le développement du social web incite à la surenchère à l’information. L’accès aux ordinateurs sous toutes leurs formes (lap/desktop, mobile, Ipad,..) et logiciels (outils de production) font de nous tous des créateurs (blog, post,..) et relayeurs d’information (influenceurs).
Si l’information est filtrée par les moteurs de recherche (Google,Bing), est-ce que le résultat affiché sur l’écran correspond à la bonne information ?

Dans le secteur d’activité de la santé, par exemple, si vous tapez HTA sur Google (Hyper Tension Alterielle), vous allez trouver plus de 3 millions de réponses !
Ajoutez à cela que le secteur de la santé, mais finalement comme beaucoup d’autres secteurs d’activité, est en évolution constante (normes, connaissances, techniques,…).
En dehors de «quantifier» l’information… est-ce que nous pouvons la qualifier ?
La réponse à cette question sont 3 questions :
L’information trouvée est elle utile ? => adaptée à celui qui la reçoit ?
Pertinente ? => répondant au sens et contexte de la question ?
Objective ? => pas influencée par la vie de son rédacteur ?

En fait, d’après Alain Trebuck, la solution serait de garantir l’information, de la certifier, de la labelliser (voir la certification HONcode). L’expertise métier devrait inciter les médecins à prescrire les bonnes sources.
Parmi les sources possibles nous retrouvons :
– le ministère de la santé (ont-ils le temps et les qualifications ? )
– l’assurance maladie (conflit d’intérêt sur un marché +/- subventionné ? )
– les éditeurs (les plus qualifiés).
L’éditeur qualifié doit pour se faire :
– fournir une source de donnée monétisable (pour être indépendant de tout contrôle)
– être éditeur garant (mais qui me dit que l’information vient bien de l’éditeur, comment reconnaitre l’éditeur ?).

Il faut le reconnaitre, on ne peut pas lutter contre le magma de l’information.

La question est de savoir comment la technologie peut contribuer en faveur de l’information.
Ainsi François Bourdoncle pense que plutôt que de chercher un saut sur la qualité de l’information, il faut chercher l’information par des outils et se faire sa propre idée. C’est en effet en ce sens qu’il drive la stratégie d’Exalead basée sur :
– l’édition de logiciels B2B,
– les applications métiers (Search Based Application)
– les applications en ligne.
D’après lui, il ne faut pas qualifier l’information mais la mettre en perspective («rassembler toutes les informations et en sortir un tout»). Voir le projet Quaero par Exalead.

Madame Falques Pierrotin affirme que le «système» est construit pour toujours produire plus de données (Wal-Mart a 150 fois plus de données client que le congrès Américain, 24 heures de video supplémentaires sur Youtube chaque minute). Mais cela ne veut pas dire forcément plus d’information. Pour mieux comprendre le phénomène de la surabondance de l’information, la première question à se poser est : qui nous donne accès à l’information ?

Le premier maillon du net à nous donner accès au magma de l’information est le FAI. Mais nous donne-t-il accès à toutes les informations ? (voir le cadre juridique sur la net neutralité, principe fondateur d’internet qui exclut toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau).
Le deuxième maillon sont les moteurs de recherches. Or nous savons qu’ils peuvent couper l’accès à l’information dans des pays (Chine), proposer des résultats différents par pays (et même par support => ref mobile vs pc) et désindexer des sites si ils le souhaitent.
Le troisième maillon sont les sites internet.

Des organismes tentent de garantir de la qualité de l’information.
La FEVAD par exemple prend la responsabilité des informations sur les sites de ses membres (voir aussi la charte des comparateurs de prix).
Le conseil national du numérique, quant à lui, a pour mission d’élaborer et de suivre les outils de régulation à travers des chartes et labels.

En conclusion, on ne peut jamais, en définitive, être sûr d’avoir une information pertinente. Il est possible de labelliser l’information par secteur précis mais uniquement sur la manière dont l’information est produite (l’info vient-elle d’un médecin ?, d’un journaliste ?,…).
La solution résiderait donc dans notre capacité personnelle à accéder à l’information (outils, éducation,..) et à notre esprit critique.

TwimBox, le 16 juin 2010


 

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