Le microcrédit peer-to-peer: la mort de nos banquiers ?

Inspiré par la mission de conseil opérationnel (MCO) que va prendre en charge une partie de la promo MCI full time 2010, je me suis penché sur le sujet de la banque 2.0 et plus précisément le concept de microcrédit peer-to-peer. En cette période de crise où le banquier (merci les subprimes) est devenu le grand méchant loup, ce concept me semble des plus impactants.

microcrédit p2p

Le concept :

Le crédit P2P met en relation des internautes qui se prêtent de petites sommes d’argent avec pour objectif de réaliser un projet :

  • D’un côté, il y a les personnes qui ont de l’argent à prêter : les prêteurs. Ils précisent le montant qu’ils peuvent prêter et le taux d’intérêt minimal qu’ils souhaitent pratiquer.
  • De l’autre côté, il y a ceux qui ont besoin d’argent pour un projet : les emprunteurs. Ceux-ci indiquent la somme dont ils ont besoin et le taux d’intérêt maximal auquel ils acceptent de souscrire.
  • Entre les deux, le site de crédit P2P met en relation les prêteurs et les emprunteurs. Il sert à renforcer et sécuriser l’accès à ce type de crédit et valorise le conseil et le suivi entre prêteurs et emprunteurs.

Les acteurs :

Le premier a s’être lancé (aux USA) et ayant pour l’instant valeur de référence sur le marché est prosper.com. Le site compte aujourd’hui 890 000 membres et 185.000.000 de dollars en prêts.

Ainsi, le site se place comme une vraie alternative à la banque traditionnelle avec un système proche de celui d’ebay :
Un emprunteur peut faire une demande jusqu’à $25 000. Il spécifie le terme, le montant et le taux d’intérêt maximal qu’il est prêt à payer (exemple $3000 sur 3 ans à 7%). Un prêteur mise sur ce prêt au taux qu’il souhaite et la somme qu’il veut: $1000 à 5.50% par exemple. Quand les enchères sont terminées, Prosper calcule toutes les enchères aux taux les plus faibles en déterminant un taux fixe. Seules donc les enchères figurant parmi celles retenues pour le calcul sont gagnantes. Les autres deviennent nulles.

Aujourd’hui, les acteurs pullulent : aux Etats-Unis toujours, lendingclub a copié le concept qui opère sur facebook. L’Angleterre s’y met également puisque MR Richard Branson lance Virgin Money. Zopa est son concurrent sur ce marché.

A quand l’application du modèle en France ?

Le modèle tel quel n’est pas applicable en France pour des raisons juridiques (article L 511-9 du code monétaire et financier). Pour autant, face à l’ampleur du phénomène, de nombreux entrepreneurs cherchent à faire réviser cette loi. Les banques elles-mêmes se penchent sur le sujet de peur de voir une concurrence on-line se créer.

Malgré tout des petits malins ont déjà créé des modèles alternatifs sur le marché Français. En effet, le cadre législatif n’autorise pas le rapprochement de 2 personnes en vue de se prêter de l’argent. En revanche, 2 personnes qui se sont rencontrées peuvent se prêter de l’argent. De ce constat, plusieurs entreprises sont nées. Le site Friendsclear, axé sur les prêts familiaux ou entre amis, donne des outils pour accompagner les particuliers dans la mise en place d’un prêt : reconnaissance de dette, calcul du solde restant dû, calendrier des paiements, rappel des échéances etc.

Le crédit P2P peut également être solidaire, babyloan.org est le 1er site internet Français de “micro-crédits”. Il permet à des micro-prêteurs du monde entier de soutenir l’activité de micro-entrepreneurs.

Ces exemples sont une nouvelle preuve de l’impact « worldwide » de la banque 2.0. Jusqu’où ce phénomène ira-t-il ? La suite au prochain épisode…

Renaud Berthe, promotion e=mci 2009-2010

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