Le terrorisme numérique : une menace endémique ?

Nous sommes les Anonymous. Nous sommes Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Attendez-vous à nous.

La devise des Anonymousaffiche la couleur : pas de pitié, une rancune tenace. Ce groupe, dont il est fait mention pour la première fois en 2006, se distingue par les grands principes suivants :

  • Le stricte anonymat de ses membres
  • Une grande volatilité de ses membres qui peuvent rejoindre ou quitter le goupe à tout moment
  • Etre la vigie d’Internet, notamment sur les pratiques des marques commerciales ou représentations politiques voire des nations qui ne sont pas des modèles en termes de liberté d’expression
  • Encourager la liberté d’expression, de transmission et de partage des savoirs et oeuvres pour un Internet libre et ouvert à tous
  • Châtier par le DoS (“denial of service attack“) ou attaque par déni de service
  • Des opérations pacifiques dans le monde tangible

C’est sur ces principes fondateurs que les Anonymous ont, pêle-mêle, attaqué les sites Internet de l’Eglise de Scientologie, hacké le PlayStation Network de SONY, monté des opérations commando digitales à l’encontre de tous les pays du Maghreb, la Lybie, la Syrie, l’Egypte ou encore le Vénézuela, mis hors ligne tous les sites du gouvernement Malaisien et attaqué les sites web de Visa, Mastercard ou encore Paypal pour exprimer leur mécontentement face aux banques boycottant Wikileaks et son dirigeant, Julian ASSANGE. Le terrorisme numérique, que ce soit par les actions des Anonymous ou des hackers isolés, est en plein essor et le Web en tant que réseau omniscient va devoir apprendre à le gérer à l’identique des polices et officines du renseignement dans le monde réel.

Le Web 2.0 malheureusement pré-théâtre du terrorisme

Par son aspect hypersocial, le Web 2.0 est bien souvent le relais des idéologies extrêmes puisque l’interaction textuelle, sonore et visuelle entre les individus est facilitée et bien évidemment en temps réel. Cela va sans dire que la NSA Américaine ou, plus proche de nous, la D.G.S.E. et ses alter égo Européennes et Israëlienne ont mis en place des cellules de veille dont les effectifs, budgets et moyens techniques connaissent des hausses conséquentes année après année. Le livre Les Nouveaux Terroristes de Mathieu GUIDERE démontre comment Internet est aujourd’hui le média plébiscité par les groupuscules terroristes. Le terrorisme digital c’est aussi d’une certaine façon les échanges entre les membres de ceux-ci.

Le côté obscur de l’internaute

De nos jours, nous sommes tous plus ou moins schizophrènes. Pourquoi ? Parce que nous menons de front deux vies : la vie en société et l’existence digitale. Or, si dans la première votre identité est connue de tous, ce n’est pas forcément le cas dans la seconde. L’e-réputation, une notion récente, devient désormais un challenge tout autant partagé par les utilisateurs que les entreprises ayant pignon sur web car les réseaux sociaux, les forums, etc. sont les parfaits vecteurs pour exprimer son mécontentement ou, pire encore, déverser sa haine. Combien de personnes se sont suicidées, ces derniers mois, après avoir été “attaquées” frontalement sur Facebook ? Votre voisin si affable lorsque vous le croisez au quotidien mène peut-être une webguérilla sans merci contre une enseigne qui l’a, selon lui, humilié en tant que consommateur. Son côté obscur s’exprime sur le Web via un lynchage en bonne et due forme de l’objet de ses obsessions sur la toile, cela par tout les outils mis à sa disposition par le Web 2.0.

Il va falloir s’y faire : au fur et à mesure qu’Internet progressera, les menaces s’accroîtront. Il y a quinze ans, vous aviez l’espoir que ce médium exceptionnellement interactif et collaboratif soit exempt de comportements à la marge ? Et vous avez déchanté peu à peu ? Rassurez-vous : vous n’êtes vous-même pas toujours 0 défaut sur Internet. Mais, comme dans la société classique, les vrais méchants sont heureusement bien moins nombreux que les gentils.

Sébastien Jehlen, MCI Part Time – Promotion 2010/2011

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