Le Web Social, social revolution ?

Ce bon vieux World Wide Web (eh oui celui-ci a la vingtaine déjà entamée) après être devenu un immense puits de savoir, une incomparable marketplace, un accélérateur du commerce mondial et bien d’autres choses encore, se mue en social hypertool. Depuis 2004, la philosophie originelle d’internet, à savoir relier les individus, revient en force. Et c’est comme ça que le Web est en train de s’imposer comme un méta-outil social pour tout un chacun.

Le médium de l’intelligence collective

Communiquer, partager, publier, rencontrer, organiser, archiver, veiller, diffuser, autant d’actions favorisées par internet aujourd’hui. Les technologies, les fonctionnalités, les usages, la participation, bref l’intelligence collective s’exprime sur tous les continents sans contrainte temporelle, ethnique, de revenu ou d’âge.  On publie grâce à Blogger ou WordPress, on montre via You Tube, on converse, on partage et on échange par Twitter, Google+ et Facebook, on optimise en utilisant Diigo et Del.ici.ous, on fait de la veille avec Technorati, on note avec Ciao, on partage par le biais de Flickr, on organise avec netvibes, on benchmarke grâce à Slideshare, on apprend par Wikipédia, on achète via ebay, Google Shopping ou Le bon coin.

Les étapes sont souvent similaires : une inscription en quelques clics, la création éventuelle d’un avatar, la construction d’un réseau d’amis ou de personnes avec un profil affinitaire, l’invitation d’autres personnes/la cooptation, la “construction” et l’entretien de sa réputation, la personnalisation de son profil et/ou de sa vitrine, l’échange en direct ou par messagerie parfois même instantanée, la recommandation. L’union fait la force dit-on. Bien évidemment, on a tout intérêt à se montrer digne de cette union. Car, dans le cas d’individus ou marques trop à la marge, la sentence du groupe est rapide. Si on verse dans le social on a intérêt à surveiller sa volatile e-réputation.

Groupes de consommateurs, groupes d’influence, lobbies et tutti quanti

Quand on sait que plus des 3/4 des 100 plus grandes entreprises mondiales ont une présence sur les réseaux sociaux, on pressent qu’en tant que consommateurs on a forcément une carte maîtresse à jouer. Après des décennies d’échanges à sens unique via de talentueux marketeurs, les marques doivent apprendre à gérer les feedbacks de chaque individus ou pire encore de groupes de consommateurs qui peuvent entre autres ruiner un plan marketing, écorner ou amplifier une e-réputation, favoriser l’empathie du marché avec un produit. C’est tellement bon de pouvoir enfin s’exprimer en direct (enfin presque) avec une marque. L’information n’a jamais circulé aussi vite. Et son pendant, la désinformation, n’est pas en reste… Les stratégies digitales doivent désormais faire la part belle aux échanges one-to-one. Certains Community Managers peuvent dire adieu aux 35 heures. Le social est par défaut risqué, chronophage et relativement incontrôlable. Mais aussi stimulant, gratifiant si bien mené et réellement édifiant.

Dis papa, c’est quoi cette social revolution ?

Comme on l’a vu, le social c’est le rapprochement des individus – au moins virtuel parce que dans la vie tangible c’est encore l’individualisme qui prévaut – mais aussi des consommateurs et des vendeurs. C’est aussi un lien approfondi entre professionnels (fournisseurs/prestataires et clients) ou encore entre les administrations et les particuliers. Mais le Web social c’est aussi une segmentation plus fine des besoins et attentes du marché, une entraide et une solidarité accrue entre les personnes, bref une connexion universelle historique des individus. Internet est en passe de réussir ce que nombre d’idéologies n’ont pas réussi : offrir une vraie tribune d’échange à tous les individus. C’est ça la social revolution. Et même si sous certaines latitudes certains voudraient empêcher cette expression libre, la mobilisation alentour n’aura de cesse de relayer la voix et les publications des individus.

Sébastien Jehlen – MCI Part Time 2010/2011

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