Le WEB10 : mission réussie pour un grand show à l’américaine !

La mission de ces journées du web était de mettre en contact tous les acteurs de l’écosystème internet. Les start-ups en quête de financements ont-elles trouvé des investisseurs ?  Les fonds d’investissements ont-ils trouvé l’idée qui les rendra encore plus riches ? Les bloggeurs officiels et journalistes ont-ils trouvé le scoop de l’année ? (Non, toujours pas de confirmation de la part de Marissa Mayer de Google sur Groupon, pas de chiffres de la part de Microsoft sur les ventes du WP7 … Oui, même avec 40 millions d’euros perçus sur la vente de Price-Minister, Pierre Kosciusko-Morizet cherche toujours un appartement à Paris).

Le gang des filles du MCI, Estelle Neveu, Nathalie Lamri, Nadine Couraud et Benoite Lavaux a-t-il profité de ces 2 jours grâce au tarif étudiant négocié de main de maitre par Estelle ? Et là, pour ma part, la réponse est OUI !!

Il y avait les grands acteurs qui ont réussi à maintenir un discours formaté et bien policé, Google, Microsoft, Facebook, entre autres. Ces mêmes leaders nous ont proposé des workshops (bondés) qui cherchaient surtout à bien nous présenter et vendre leurs produits.

Il y a eu quelques interventions fort remarquables, notamment de Dennis Crowley de Foursquare (pourquoi j’ai refusé 50 millions ?…) et Jeremiah Owyang (état des lieux et perspectives 2011 du social media dans les grandes entreprises) et même Carlos Ghosn et un bien ennuyeux Stéphane Richard de France Telecom. Mais au milieu de tout ce grand show à l’américaine (très bien orchestré, il faut en convenir), quelques trublions ont su réveiller les foules : Yossi Vardi et le« wisdom of crowds » , Dave McClure et le concept de « think global et start(up) local» et Gary Vaynerchuk, l’électron libre du social média.

Plus intelligents en groupe que tout seul ?

Yossi Vardi est un des tous premiers investisseurs israélien en matière de TIC. Il a notamment fondé ICQ qu’il a revendu à AOL et une autre soixantaine de sociétés dont certaines ont été revendues à Microsoft, Yahoo, Cisco, etc …

Hier, il a pris le parti de nous faire rire au sujet du « wisdom of crowds », une théorie décrite dans le livre de James Surowiecki (2004) sur l’idée qu’à plusieurs on est plus intelligent que tout seul. L’illustration parfaite de ce concept sur internet est l’encyclopédie collaborative Wikipédia ou tout œuvre de « crowd sourcing » qui utilise la créativité, l’intelligence et le savoir faire d’un grand nombre de personnes (définition Wikipédia). Une autre application du « wisdom of crowds » est le «collaborative filtering», utilisé par les sites de e-commerce pour « prédire » nos achats en fonction des patterns et des historiques d’autres utilisateurs.

Pourtant, Y. Vardi réussit aussi à nous démontrer le côté absurde de cette théorie avec quelques exemples plutôt pertinents et amusants. Un article de Wikipédia sur le Mali fait référence à leurs mauvais arbitres de football (l’article a évidemment été corrigé depuis, grâce à l’intelligence collective qui permet en moyenne une correction des erreurs sur Wikipédia en 6 minutes). Dans la célèbre rubrique d’Amazon, « Les clients ayant acheté cet article ont également acheté », les acheteurs d’un appareil photo numérique seront surpris de savoir qu’on leur propose aussi des préservatifs… Un drôle de lien entre les 2 produits !

De petits exemples anecdotiques pour nous rappeler que rien n’est jamais parfait que tout modèle doit parfois être questionné et potentiellement remis en cause.

L’entreprenariat internet, un phénomène global qui démarre à la maison ?

Dave McClure, se définit lui même comme «Investor et Troublemaker». Il travaille dans la Silicon Valley depuis 20 ans, où il a notamment été directeur marketing de Paypal, a investi dans une trentaine de start-ups et écrit son blog www.500startups.com.

Pour lui, si internet et ses évolutions sont des phénomènes globaux, les notions d’entrepreneuriat et de viabilité d’une start-up doivent avant tout être locales : Oui, il n’y a jamais eu autant de jeunes et de vieux sur internet, autant d’outils pour accéder à internet (smartphones, tablettes, T et consoles), de paiements globaux, de plateformes de distribution (Apple, Facebook, Google,…).

Pourtant, ses conseils pour créer une start-up sont de d’abord maitriser son marché local, d’accepter que le design et contenu soient parfois culturellement segmentant, d’évaluer la valeur d’un marché par sa taille mais aussi par la valeur de transaction de ses clients (l’essentiel étant dans le chiffre final) et enfin de se laisser gagner par l’esprit et la créativité de la Silicon Valley (pas besoin d’y être physiquement) … A bon entendeur ! (Présentation sur slideshare : ThinkLocal@leweb10).

Les médias sociaux pour restaurer le dialogue entre marques et consommateurs ?

Gary Vaynerchuk a repris le magasin d’alcool familial, l’a  rebrandé “TheWine Library”, puis décliné en site marchand en 1997 (en 2008, le CA était passé de $4 millions à $60 millions). En 2006, grâce à Youtube, il lance le videoblog http://tv.winelibrary.com/. Son style (un peu cash), sa passion communicative et son engagement sur le web l’ont amené à réfléchir et travailler sur la notion de marque personnelle, l’image de marque dans les médias sociaux. Il conseille aujourd’hui de grandes marques (dont Pepsico) et continue d’investir dans divers projets sur internet. Dans son livre, basé sur sa propre expérience, Crush It! : Why NOW Is the Time to Cash In on Your Passion, il est arrivé à la conclusion que pour gagner de l’argent et réussir un business, il faut monétiser sa passion. Car, vu le temps qu’on y passe, il faut mieux être passionné par ce qu’on fait !

Il a attaqué tout de suite par des reproches à Loïc Lemeur sur l’interactivité du WEB09 et le peu de Q&A à la fin des interventions. Pour Garyvee (son pseudo sur Tweeter), l’essentiel est dans l’échange et dans la relation qui se créée lors d’un dialogue. Du coup, son intervention, n’a été qu’une suite de Q&A. Ainsi, selon lui, les médias sociaux est la meilleure chose qui puisse arriver aux grandes entreprises pour restaurer le dialogue avec leurs consommateurs et humaniser leurs marques.

Si les entreprises doivent en premier lieu croire en leurs produits, vendre de bons produits, les médias sociaux leur permettent de s’engager auprès des gens qui en achètent en proposant un service consommateurs au top (Il préconise même une présence 24h/24, 7 jours sur 7 !!). Alors à la question comment mesurer le ROI des médias sociaux, il s’énerve un peu et sort « ROI is patience » et les grandes entreprises n’en ont pas toujours … Pour lui, le bouche à oreille est essentiel et reste le meilleur vecteur de trafic et de transactions pour l’e-commerce. C’est déjà une forme de ROI, non ?

Pour lui, le meilleur exemple (déjà cité par Facebook) est www.zappos.com, un site de vente de vêtements.

Est-ce leur méthode de présentation à la fois péchue et un peu folle ou est-ce le fond qui finalement bouscule les idées reçues, les concepts et les chiffres triomphants ? En tout cas, ils nous ont réveillés (il faisait très chaud au Docks de Saint Denis), amusés et surtout interloqués, c’est déjà un premier pas pour continuer à se poser quelques bonnes questions !

Enfin, pour conclure sur ces 2 jours du web mondial, je tenais à donner une mention spéciale au format « Ignite Show », méthode de présentation assez incroyable en 5 minutes et 20 slides en défilement automatique pour parler d’un sujet perso ou pro. Cela nous a permis de découvrir entre autres, Ricardo Sousa (17 ans entrepreneur, web-developer et blogger Sousa@leweb10) qui défend les teens entrepreneurs et  Matthias Lufkens (World Economic Forum) et la « Twitter diplomacy »  ou comment les grands leaders politiques tweetent entre eux ! Lufkens@leweb10

Hélène CHARTIER Promo MBA MCI Part time 2010-2011


1 Comment

  1. Adil

    Merci Hélène pour le topo général qui nous donne une idée sur ce qui s’est passé au Web10, à nous pauvres “out” people qui n’y étions pas!

    Mais si j’ai bien compris les tendances du net n’ont été que confirmées (en particulier, le paradoxe de l’individual sociability).

    Je me demande si cette grand messe ne devrait pas se dérouler plutôt au premier trimestre…