Les marketplaces communautaires au service des artisans

 

Le rMade in Franceetour aux produits « made in France » a le vent en poupe. Cela ne s’arrête pas à la une du Parisien montrant le ministre du redressement productif en marinière Armor Lux ! On constate que pour leurs achats de cadeaux de Noël, 73%* des Français comptaient privilégier des produits fabriqués dans l’hexagone. Et si le produit est fait main, de façon unique ou en très petite quantité, cela apporte encore plus de valeur aux yeux des consommateurs…

A l’heure de l’IKEAisation et des intérieurs standardisés, on voit apparaître le désir grandissant d’un retour à des objets authentiques, personnalisés et fabriqués artisanalement.

* Sondage réalisé par OpinionWay auprès de 1044 français de 18 ans et plus, représentatifs de la population nationale, interrogés les 3 et 4 octobre 2012.

Une idée simple, originale, mais efficace

Créer ses propres bijoux, objets déco, vêtements… l’idée ne date pas d’hier, et existait bien avant l’ère d’internet. Mais comment proposer ses créations à la vente au plus grand nombre et à moindre frais ? La réponse se trouve une fois de plus sur la toile.

Spontanément, on peut citer certains sites célèbres qui permettent de vendre aux particuliers à peu près tout (LeBonCoin, Ebay, etc.) mais ils s’avèrent trop généralistes, peu conviviaux et peu adaptés. Ces dernières années ont vu émerger des sites décrits comme des places de marchés communautaires. Ils permettent aux artisans, pas forcément experts en webmarketing, d’être assistés dans la création et l’administration de leur boutique en ligne. Ils répondent par la même occasion à un réel besoin chez l’internaute : l’échange et la collaboration autour de projets communs.

Focus sur une start-up française qui cartonne : ALittleMarket.com

Fondé fin 2008, ALittleMarket (ou ALM) permet aux petits créateurs disséminés partout en France de créer facilement leur boutique en ligne. Ils font ainsi partie d’une plateforme communautaire autour d’une idée simple : le fait main.ALM

Aujourd’hui, ALM en quelques chiffres c’est :

  • 290 000 membres
  • 930 000 créations
  • 42 000 créateurs
  • 28 000 de pages vues
  • 3 millions de VU par mois
  • 45 000 fans

Une mise en avant de la provenance régionale du produit 

« Made in Tourcoing », « Made in Fréjus ». Chaque créateur arbore fièrement la ville où sont fabriqués les objets qu’il vend. Uniquement du Made in France, malgré un choix de nom anglophone pour cette start-up,  mais Nicolas d’Audiffret livre son explication :

 Une alternative pour tous les petits artisans en mal de visibilité

Du point de vue des vendeurs, ce type de site est surtout une excellente opportunité pour mettre en avant ses créations. Il permet en quelques clics de proposer à la vente toutes sortes d’articles grâce un outil de CMS, accessible via l’interface de back-office, d’une simplicité enfantine.

Back-office CMS ALM

Des atouts indiscutables…

  •  Aucun risque financier : la création de sa boutique et la mise en ligne de ses produits sont gratuites et sans limitation
  • L’administratif : inutile de passer des jours à rédiger les CGV, tout a déjà été pensé par ALM
  • Facilité, rapidité et aspect « clé en main » : l’interface du back-office et les paramétrages sont particulièrement intuitifs. En quelques clics les créations sont en ligne
  • Différents modes de paiement possibles, dont le paiement en ligne sécurisé
  • Gestion des envois ou livraison adaptable
  • Statistiques : mise à disposition d’un outil d’analyse des ventes et de visites performant

 … mais une liberté d’action limitée

  • La promiscuité des concurrents. ALM se vante d’avoir 42 000 créateurs en ligne, ce qui signifie autant de concurrents potentiels ! Il s’agit donc de faire preuve de créativité et de réactivité dans le choix de ses produits afin d’éviter d’être “noyé dans la masse”
  • Personnalisation : hormis l’ajout d’une bannière ou d’un logo personnel, la customisation de sa boutique est très limitée. Il est donc difficile de se différencier vis-à-vis de ses nombreux “confrères”
  • Un coût à la vente : le site prélève une commission de 5% sur chaque vente effectuée. Le choix du paiement en ligne entraîne la facturation d’une commission supplémentaire pour le vendeur de 5% sur le total de la transaction (dont frais de port)

En résumé, un excellent outil pour…

…un jeune créateur ou bricoleur occasionnel.  En effet, ALM est une très bonne solution pour tester l’intérêt de ses créations auprès du grand public, recueillir des avis, échanger, afin d’ajuster son offre.

Toutefois, pour ceux qui ont la fibre du webmarketing, il est possible d’aller plus loin en mettant en place une stratégie web globale : création d’un site à part entière accompagné d’une page Facebook et idéalement complété par un blog.

En guise d’exemple, en voilà une qui a su tirer partie de ses compétences en marketing digital au service de ses talents indéniables de créatrice : Mademoiselle Patine. Sur la page d’accueil de son site figure un lien vers sa page Facebook et son blog qu’elle gère seule, entre 2 créations à l’atelier.

Homepage Mademoiselle Patine

A vous de jouer !

 Il parait qu’en chacun de nous sommeille une part de créativité qui ne demande qu’à s’exprimer. Création de vêtements, de bijoux, relooking de meubles, jouets pour animaux… tout est permis ! N’ayez pas peur de vous lancer. J’ai d’ailleurs tenté l’expérience à titre personnel (Boutique ABDM).

Et dites-vous que si vous ne parvenez pas à vendre vos magnifiques patchworks, colliers de perles ou scrapbooking, la fête des mères n’est que dans 6 mois… et au pire il reste aussi recupe.net  :)

Guillaume BOUCHET (MBA MCI Full Time 2013)

@guillaumbouchet

6 Comments

  1. Super article bien détaillé Merci.

  2. Benoit Boutry

    très bel article.
    un bon moyen pour les créateurs d’objets de se faire connaître et de vendre par internet. Dans le même style, il y a Etsy.com , ce type de site est une tendance forte.

  3. Cocorico !! on a le vent en poupe ! Émile Coué (1857-1926)

  4. Sympa ton article ! Le fait main est définitivement partout même chez les MCI FT

  5. Une marketplace de makers, son homologue allemand Dawanda