L’Internet des Objets

Suite au cours Contactless Technology, je me suis intéressé à l’IdO soit l’Internet des Objets. Vaste sujet et pourtant encore peu évoqué au sein du grand public. Une définition simple serait la suivante : « l’IdO représente l’extension d’Internet à des objets et lieux du monde réel » (art. Wikipedia «L’Internet des objets»).

On pressent déjà la présence de l’intelligence artificielle en toile de fond d’un domaine qui pourrait bien bouleverser nos modes de vie. Après les gencods en 2D, standard très utilisé par les industriels de par le monde depuis déjà longtemps, la 3D est d’ores et déjà en marche, cela grâce au Web. Mark WEISER (ancien Directeur du Centre de Recherche de XEROX U.S.) évoquait déjà en 1991 « l’informatique ubiquitaire », à savoir une technologie invisible, universelle, sans les contraintes de l’espace/temps. Depuis, du chemin a été parcouru et l’IdO est sorti de la sphère purement industrielle pour gagner tout un chacun.

L’IdO aujourd’hui

Je vous épargnerai les spécifications techniques rébarbatives pour me concentrer sur les usages. Nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser les flashcodes alors que les entreprises ponctuent de plus en plus leur communication offline de ces macarons made in Japan. Le code-barres semble presque déjà condamné, lui qui servait presque uniquement dans un cadre BtoB. Mais, outre les fameux et très actuels QR codes/flashcodes ou encore étiquettes graphiques, l’IdO s’appuie également sur la non moins fameuse RFID, les étiquettes de type SMS et sur les étiquettes virtuelles. Bien évidemment, ces systèmes sont en compétition.

La RFID (Radio Frequency Identification) on en parle depuis pas mal d’années. Cette technologie basée sur un lecteur émetteur/récepteur pour une lecture courte distance devait révolutionner le monde industriel, à commencer par la logistique et tout ce qui touche notamment à la supply chain. Il semble que les contraintes de coût soient encore un frein notable. Les étiquettes graphiques (QR codes) – actuellement en plein boom – permettent un stockage conséquent d’informations mais sont exposées à l’usure et à la détérioration. Moins exposées mais moins développées, les étiquettes virtuelles conjuguent des URL à des coordonnées géographiques avec un périmètre défini au préalable.

Quel que soit le système concerné, 6 éléments sont requis :

Un terminal de lecture

Un réseau 2 ou 3G

Un système de lecture

Une étiquette

Du contenu stocké sur celle-ci

Un affichage, en général un écran

L’IdO demain

Le développement du point de vente digital nous laisse entrevoir les multiples possibilités offertes par l’Internet des Objets. C’est tout le magasin qui sera « transformé » : la P.L.V, les rayonnages, les articles en vente, les cabines d’essayage, l’arrière-boutique, tout cela communiquera. Dans les prochaines années, le nombre d’internautes sera bien moindre au nombre d’objets communiquant entre eux. Votre sommier parlera avec votre matelas qui, lui-même, sera en contact avec les draps. Votre réfrigérateur vous alertera sur les denrées manquantes et, à ce moment là, sera déjà en lien avec la grande surface où vous effectuez vos achats pour un pré-réassort. Dans un mauvais film d’anticipation, on pourrait avancer le fait que les objets asserviront les humains. Ce serait mal connaître le genre humain qui, a contrario, va pouvoir maîtriser ces échanges immatériels d’objet à objet pour servir son confort, sa sécurité, garnir son portefeuille grâce à de nouveaux modèles économiques, anticiper, analyser et surtout décider.
Décider car généralement l’information est stockée un peu partout dans l’entreprise puis remonte la chaîne managériale. Il y a souvent déperdition et/ou modification du contenu. Désormais, ces système d’information fonctionnent sans intervention humaine et s’embarrassent beaucoup moins des contraintes organisationnelles. On ne peut plus dire que les données sont statiques. Et, les entreprises qui avancent sur ce terrain constituent leur(s) avantage(s) concurrentiel(s) de demain. Sans oublier que le cloud computing qui permet d’agréger un volume très important d’informations pour un coût moindre par rapport aux processes actuels va permettre une diffusion facilitée et un partage hyper collaboratif des données. Les managers et leurs marketeurs se frottent déjà les mains.
De faux airs de Big Brother ?
Pourtant, et sans crier au loup, une deuxième couche moins rose se superpose au tableau : éthique, intrusion, respect de la vie privée, profilage intensif, aléas sonnent à nos oreilles. Serai-je libre demain de ne pas répondre aux récriminations de ma voiture réclamant à cor et à cri une vidange alors qu’elle est déjà en lien avec le centre auto le plus proche ? La grande surface que je fréquente s’immiscera-t-elle au sein de mon foyer, tel Big Brother, pour analyser, séquencer, sasser mon mode de consommation ? Je sais que je peux déjà être facilement pisté via mon mobile, mon G.P.S., mon pass Navigo, etc., quid de demain ? Mes possessions seront-elles des mouchards malheureusement incontournables ?

Mais s’arrêter à cela serait caricatural et résolument anti-progressiste. Charge à l’utilisateur de savoir ce qu’il veut et ne veut pas et aux instances juridiques de cadrer les développements et les usages.

Sébastien Jehlen – MCI Part Time 2010/2011

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