LOMOGRAPHY : quand l’effet de niche devient effet de masses

Sur comment un vieil appareil argentique oublié des années 80 est aujourd’hui tendance partout dans le monde.

Connaissez-vous l’appareil photo LOMO lomo?

C’est un petit appareil photo argentique qui sature les couleurs des photos et leur donne un bord plus sombre. Tombé en désuétude, il a été redécouvert par des étudiants autrichiens qui ont fédéré une communauté et relancé sa production. Il donne son nom à un mouvement artistique : la lomographie.

Le Lomo LC-A, dont la production a commencé en 1983 à Saint Petersbourg et s’est arrêté très rapidement. Redécouvert par deux étudiants en marketing sur un marché aux puces à Prague qui en préssentent le potentiel, il est fabriqué à nouveau depuis 1991.

Or, depuis l’avènement du numérique, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le phénomène n’a pas cessé de faire des adeptes. Sur la toile, les références sont multiples : Sur Flickr de nombreux groupes relatifs à l’utilisation d’un Lomo ou à la “lomographisation” de photos numériques et Dumpr |http://www.dumpr.net/lomo.php|fr] offre un outil en ligne permettant de transformer immédiatement une photo stockée sur son disque dur ou sur en “lomo-like” et aussi un tutorial pour faire du lomo numérique sous Photoshop.

QUI N’A PAS UN LOMO ?

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Documentaire sur la BBC__ : qui commencent ainsi :


Lomo Documentary part 1 of 7

UNE HISTOIRE HORS DU COMMUN : 1936 : l’histoire de Lomo (Leningradskoe Optiko Mechanichesckoe Objedinenie = Union des Optiques et Mécaniques de Léningrad) démarre quand l’usine Progress située en Russie fabrique des microscopes avec l’aide de la société allemande très réputée, ZEISS.

1946 : après la défaite du IIIe Reich, pratiquement tous les équipements ainsi que les meilleurs ingénieurs de ZEISS furent transférés en Russie. La Société Lomo était née et allait livrer 90% de sa production au Ministère de la Défense Soviétique (viseurs pour l’artillerie, périscopes de sous-marins, objectifs pour satellites espions, appareils photo miniatures…)

1993 : la Lomographie est apparue à Vienne (création de la Lomographic Society par Matthias Fiegl et Wolfgang Stranzinger) et depuis se propage dans le monde entier avec plus de 25.000 utilisateurs.

1994 : Fin de la fabrication du Lomo.

1995 : reprise de sa production sur la demande expresse de la Lomographic Society de Vienne devenue distributeur exclusif mondial. A travers le monde, des ambassades assurent le relais, comme en France, à Nantes ou à Paris (boutique à Paris -ou embassade, selon eux- se situe 6 place Franz Liszt, dans le dixième. Le Lomo LC-A est d’origine soviétique, fabriqué par Lomo, abréviation de Leningradskoje Optiko Mechanistschéskoje Objedinénie, une usine d’armes et d’optique de Saint-Petersburg. Sa production a commencé au début des années 80, mais semble-t-il pourrait cesser prochainement. Un nouveau modèle en serait la raison. Cet appareil photo avait connu une seconde jeunesse au début des années 90, grâce à l’action de deux autrichiens, Matthias Fiegl et Wolfgang Stranzinger qui, séduits par les qualités “originales” du Lomo LC-A, contribuèrent à relancer sa production.

Il y a un peu de confusion concernant Lomo. Lomo est une marque. Au fil du temps, le Lomo LC-A, modèle de prédilection des lomographes, a fini par devenir Lomo par simplification. Le Lomo LC-A est a l’origine de la création du courant lomographique qui a permis à bon nombre d’adeptes d’exposer leurs photos grâce notamment à Internet et aux lomo-walls.

LES DÉTRACTEURS : Pour moi la lomographie, c’est juste un effet de mode soutenu par une politique marketing en béton (invasion du lomo dans des lieux de vente trendy type Colette). Pour être également tombé dans le panneau, je le déconseille fortement! N’en déplaise à ceux que la perfection de l’image numérique rebute et qui pensent faire de l’art parce qu’ils ont un lomo dans les mains, les photos obtenues avec ce genre d’appareil sont, il faut l’avouer, affreusement laides. Elles ne sont certes pas pour autant dénuées d’intérêt, mais il arrive un moment où la forme prend le dessus sur le fond, et produire de la photo merdique pour produire de la photo merdique n’a aucun intérêt.

Si toutefois l’expérience lomo vous intéresse, je vous conseille d’acheter un appareil jetable qui fera très bien l’affaire. Démontez-le, et insérez-y une pellicule périmée. Prenez des photos dans des conditions d’éclairage exécrables, derrière des vitres teintées, etc., puis demandez un traitement croisé pour le développement de la pellicule. Les résultats obtenus seront sensiblement les mêmes qu’avec un lomo. Et avec l’argent que vous aurez épargné, payez vous cette paire de baskets qui vous plaît tant!

LA DIVERSIFICATION :

  • Diana
  • Holga
  • Fisheye
  • Colorsplash Camera
  • Horizon Perfekt
  • SuperSampler

POUR AVOIR SON LOMO + toutes les nouveautés LOMOGRAPHY

sophie mateo

5 Comments

  1. Yom

    Sophie,

    Tu dis à la fin de ton article que les photos qui résultent de la Lomographie sont affreusement laides et pourtant tu publies le lien d’un groupe FlickR ou certaines photos sont justes magnifiques…

    Legerement contradictoire non ? ;)

  2. j’aime bien vtore analyse

  3. juste pour vous dire votre analyse me plais beacouuuup merci

  4. cest economique et ecologique :)