ODEBIT 2010

22 septembre, visite du salon ODEBIT 2010. Au programme, plusieurs tables rondes sur le très haut débit et les collectivités territoriales. Plusieurs personnes déjà croisées à Aurillac il y a quelques semaines : Pierre Ygrie, Marc Lager, Michel Lebon … défenseurs d’une “ruralité à très haut débit”.

En bref et en vrac : 

M Bernard Benhamou (Délégué aux usages de l’internet, Ministère de l’Enseignement Supérieur) note qu’il y a un danger à se focaliser uniquement sur les infrastructures ( le très haut débit notamment). Il faut aussi s’intéresser aux services qui alimenteront les tuyaux. 
L’Europe a des atouts sur le mobile et doit impérativement prendre la train en marche contrairement à ce qui est arrivé sur l’internet fixe. Il faut créer / favoriser un écosystème européen pour qu’émergent des poids lourds sur nos territoires – en développant notamment les coopérations entre entreprises européennes. 
Concernant le déploiement du Très Haut Débit, il est une nouvelle fois rappelé que fibrer tout le territoire reste un doux rêve, particulièrement à court / moyen terme. 
Il faut s’interroger sur des solutions alternatives pour se défaire du joug des opérateurs qui ne montrent pas un enthousiasme fou pour raccorder les territoires les moins denses. Entendre qu’ils ne s’intéressent pas aux territoires ruraux pour des questions purement financières est difficilement acceptable. Le déploiement des infrastructures sur ces territoires, “non rentables” est donc laissé à la charge des collectivités locales qui, il en avait déjà été beaucoup question à Aurillac, ont ou vont avoir une vrai difficulté à financer . Le grand emprunt ne suffira pas, il est impératif de trouver un nouveau mécanisme pour permettre à ces territoires d’accéder au même titre que les zones urbaines au THD. Un fond de péréquation national doit être mis en place, impérativement. 

La piste d’une taxe sur les abonnements est souvent avancée mais elle semble difficile à mettre en place si on considère la résistance que les opérateurs risquent d’opposer à ce type de financement particulièrement après l’annonce récente du projet de hausse de la TVA sur le triple play.

On peut se demander si l’erreur originelle n’a pas été politique. En imposant des prix d’entrée très élevés aux opérateurs, Bercy à certes rempli ses poches mais les a aussi contraint à devoir amortir des investissements très coûteux, les contraignant à faire des choix budgétaires pas toujours compatibles avec l’intérêt public. 
Cette logique est redoutable dans la mesure où elle peut aussi avoir pour conséquence de ralentir le déploiement de nouvelles technologies; un opérateur n’a en effet pas forcement intérêt à le faire, préférant rentabiliser au maximum les technologies existantes. 
Un choix radicalement différent a été fait en Scandinavie où “l’entrée” est gratuite en contrepartie de quoi les opérateurs s’engagent à couvrir 97% du territoire. 

La fracture numérique du territoire risque de croître avec la Fibre. Selon Jean Luc Salarberry – AVICCA, le déploiement de la technologie mobile en zone blanche pourrait compenser le temps nécessaire au déploiement du THD (via 4G, LTE). Selon le planning proposé par l’ARCEP, il faut compter 10 à 12 ans pour couvrir le territoire mais encore une fois, ce sont les territoires les plus denses qui en bénéficieront en priorité. Il s’agit d’un problème de méthodologie. D’un point de vue “aménagement du territoire”, ne serait-il pas plus pertinent de favoriser le déploiement du HD mobile sur les zones peu denses pour compenser les difficultés rencontrées avec la fibre ? Enjeux financiers vs enjeux politiques ?  

Ces questions relatives aux infrastructures ne sont pas neutres parce qu’elles peuvent freiner les usages et les opportunités économiques. 
 M Marc Laget (DATAR) rappelait lors d’une table ronde qu’aux Etats-Unis, un rapport a montré qu’une augmentation de 7% de personnes connectées au réseau signifie + 92 milliards d’activité, + de 2 millions de nouveaux emplois … bref l’impact est immédiat … mais pas suffisant. L’écosystème capable de créer de la croissance repose sur une démarche cohérente et sur le triptyque suivant : réseau, usages, services.

Le secteur public est aujourd’hui acteur du développement des usages. Quelques territoires sont particulièrement actifs. L’Auvergne par exemple multiplient les initiatives … l’objet d’une prochaine note …

Sébastien Huchet.. ( @sebhuc ) MCI Part Time

Comments are now closed for this article.