Opportunités et risques de l’identité numérique

Fred Forest dans son livre “Art & Internet” aux éditions Cercle d’Art résume l’identité numérique comme un lien technologique entre une entité réelle et une entité virtuelle.
Ces deux entités constituent l’individu, son et ses “moi”.
Ce lien technologique doit être protégé mais doit aussi permettre à l’individu d’exploiter cette nouvelle liberté d’expression de ses multiples aspirations.

Entre opportunités et risques où doit-on placer les protections sans restreindre le perpétuel questionnement, notamment dans le domaine des arts de l’identité et de sa représentation?

Opportunités

Les réseaux sociaux et les blogs ont augmenté de façon exponentielle la diffusion de données personnelles et de productions privées sur le web.
Une véritable inflation du moi s’est engagée sur le net.
A l’instar de certains artistes célèbres, l’identité est travaillée comme un matériau, une œuvre d’art.
Ainsi pense t’on aux photos de Pierre et Gilles se mettant en scène sur papier glacé et brouiller les cartes de leurs identités.

Dans un autre registre, se souvient-on de Sophie Calle mettant en scène sa vie et son individualité comme support à la création artistique.

D’autres comme les e-girls sont devenues en quelques clics sur les réseaux sociaux de véritables gourous de la mode et ont réussi au travers de cette identité virtuelle à faire évoluer leur identité réelle et transformer l’essai en contrat de mannequinât. Il s’agit moins de travailler l’identité comme un matériau mais davantage de la commercialiser.

Certains enfin comme Jean-Pierre Balpe , ancien professeur de l’Université de Paris VIII et directeur du département Hypermédia, Chevalier des Arts et des Lettres, poëte, écrivain et chercheur, cultivent cette distanciation entre l’identité réelle et l’identité virtuelle au travers de l’écrit. Ainsi certains de ses écrits sur le net parlent-ils de lui à la troisième personne du singulier comme pour inviter à dialoguer avec une nouvelle “individualité”, une autre dimension de son “moi”..

Risques

Comme le définit le dictionnaire de l’Académie Française, l’individu doit rester une unité organisée.

3 dangers majeurs pour l’identité de l’internaute sont identifiables:

  • Le premier danger d’Internet est d’anéantir cette identité numérique et ce lien fondamental entre réalité et virtualité en faisant glisser l’identité virtuelle vers “une collectivisation du moi”.
  • L’autre danger réside dans la perversion de la virtualité qui, entre les mains de personnalités fragiles conduit à ne plus différencier le réel du virtuel et transformer le virtuel en imaginaire fantasmé.
  • Le dernier danger réside dans le détournement et l’usurpation d’identité

Il en résulte que la gestion de l’identité numérique est fondamentale pour la préservation de l’individu tant dans son identité réelle que virtuelle.
Mais alors comment protéger l’identité numérique tout en préservant un espace de liberté virtuel où seul
l’individu peut choisir de dissimuler ou non son identité?

Solutions proposées

  • Les organismes de nommage: le nom patronymique et le prénom, signes d’identification des personnes dans la vie sociale réelle trouvent leur pendant dans cette technologie de nommage qui consiste à attribuer des signes distinctifs identitaires.
  • La e-carte nationale d’identité: c’est un projet soutenu par Michelle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur, qui vise à créer une nouvelle carte d’identité sécurisée qui serait utilisée indifféremment dans la vie réelle et dans l’espace virtuel en glissant la carte dans un lecteur relié à l’ordinateur de chaque internaute.
  • La carte capucine.net créée par Philippe Vecheynout qui permet d’authentifier l’identité numérique de l’individu sans dissimuler l’identité réelle. L’identité numérique est même certifié au regard d’un certain nombre de critères de solvabilité mais aussi de valeurs contemporaines telles que le comportement socialement responsable,etc…car cette carte est aussi un instrument de paiement.

La solution de l’authentification sans révélation de l’identité apparait comme la solution la plus souple et la plus adaptée à toute forme de créativité et d’expression sur Internet.
Ne pourrait-on pas craindre dans l’hypothèse d’une e-carte d’identité nationale un repli des internautes français sur la toile.
De plus, au regard de l’absence de frontière du net, une telle décision devrait être décidée au plan international.

La protection de l’identité numérique est probablement un des enjeux majeurs sur Internet car la confiance des internautes dans “la sécurité” de leurs échanges est la clé de voute des blogs, réseaux sociaux et d’une façon plus globale du web 2.0.

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