Presse en ligne : des modèles économiques difficiles à définir !

Alors que la presse d’information traditionnelle connait depuis plusieurs années une baisse de ses ventes, qu’en est-il de la presse en ligne ? Quels sont les modèles économiques qui se sont développés ces dernières années sur le canal Internet ? Les éditeurs de presse peuvent-ils espérer tirer de nouvelles sources de financement ?

En pratique, la presse en ligne a pris plusieurs formes : souvent gratuite, parfois payante, de plus en plus participative, trois modèles économiques se sont développés.

Le modèle Payant

Si certains sites d’information tentent d’imposer un modèle payant, la réalité montre que ce premier modèle économique se révèle très incertain et peu mediapart.jpgfructueux. Parmi les sites d’informations qui proposent un modèle payant, ou qui ont tenté d’imposer un modèle payant, il y a notamment MédiaPart qui fait figure de rebelle de la classe, et qui par cette méthode essaie de sortir du dictat imposer par la publicité : taux de clics, nombre de pages vues …

Vous avez dit rebelle. Oui, mais pour combien de temps encore ? La logique de MediaPart est compréhensible d’un point de vue économique mais les chances de succès sont en réalité très minces, du moins si l’objectif premier est de gagner de l’argent. Même les plus grands n’ont pas réussi à imposer un modèle payant. Le New York Times , le plus grand, le beau gosse de la classe, a fini par s’agenouiller devant la belle Internet.

Toutefois, me direz-vous, l’arrivée du 2.0 a permis l’éclosion d’un nouveau modèle économique : le modèle gratuit et participatif. Alors, on va devenir riche papa ? Euh …

Le modèle gratuit et participatif

Rue_89.jpgLe web 2.0 a en effet permis aux éditeurs de presse de développer un modèle économique plus adapté aux réalités de l’internet. Ce modèle propose notamment aux internautes de participer à la vie du site via le post d’articles et de commentaires. L’un des plus connu, Rue 89, crée il y a quelques mois par d’anciens journalistes de Libération, illustre cela. Ce dernier fonctionne sur le principe d’une information à 3 voix avec de l’information venant à la fois des journalistes, des experts et des internautes. Rien de très nouveau en pratique. Notons toutefois que ce site totalise en moyenne 1 000 000 de visiteurs uniques par mois. L’un des rares à avoir un tel succès. L’autre modèle économique qui se rapproche de ce deuxième modèle est le modèle gratuit et communautaire.

Le modèle gratuit et communautaire

Bakchich.jpgCe troisième modèle se distingue de part sa dimension communautaire. Bakchich, le Canard enchainé du Web, en est le parfait exemple. Un site qui ravira tous les partisans d’une information moins lisse.

Monter un site d’information est donc une affaire de passionnés en raison des difficultés qu’ont les éditeurs de presse à définir un modèle économique. Stabilité économique qui permettrait de pérenniser la diffusion d’une information objective et rafraichissante en raison de la liberté de ton qui caractérise ces sites. Il faut tout de même reconnaître qu’argent et liberté d’expression, ou du moins objectivité de l’information, sont difficilement compatibles en raison des pressions qui sont exercées par les éditeurs sur les journalistes. Ces éditeurs qui imposent aux journalistes l’obligation de respecter une ligne éditoriale bien définie à l’avance afin de satisfaire aux exigences des annonceurs toujours très réticents lorsque l’information ne se conforme pas à la pensée dominante, n’hésitant pas à mettre en danger le pluralisme et l’indépendance des journalistes.

Thibaut B. (groupe 2).

Comments are now closed for this article.