Reconversion : du disque à la musique numérique.

Christophe Karcher, 28 ans vient de passer dix ans en maison de disque en tant que responsable des relations presse. Comme beaucoup de professionnels du secteur, il a décidé cette année de se reconvertir dans la musique numérique, dû à une baisse croissante du marché du disque (-25% chaque année depuis 2001) ainsi qu’à une crise majeure des investissements publicitaires dans la presse quotidienne et spécialisée. Le constat est simple : entre plate- formes de téléchargements (I tunes, Fnac.com), agrégateurs (Believe), écoute en streaming (Deezer), et développement de l’offre sur téléphone mobiles (Orange, SFR), la musique n’a jamais été aussi présente et « multimédia ». …

deezer.jpeg Face à la crise du disque, de nouveaux modes de rémunération ont été mis en place : financement par la publicité, licences « créative commons », forfaits à la carte ou illimités…Les pistes sont nombreuses et exploitées par de nouveaux acteurs, notamment les opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile qui multiplient les offres. De leur propre aveux, la musique est pour eux un produit d’appel qui permet d’augmenter les ventes de téléphones, développer un portefeuille d’annonceur, et fidéliser des clients avec des offres personnalisées et adaptées à leurs besoin constant de mobilité. Une façon inédite de consommer et vendre de la musique…

Nous ne sommes qu’au début de cette révolution, car en 2008, il s’est vendu plus de téléphones portables MP3 que de lecteurs MP3. La convergence multimedia des terminaux ainsi que le développement de la 3G pousse les principaux acteurs du marché du disque (Sony, Warner, Universal…) à réinventer leur offre de base en créant des forfaits, et développer de nouveaux contenus (comme les sonneries), dont les jeunes, nottament, sont extremements friands. Mais ils sont encore très en retard vis à vis du développement constant de la musique numérique.

Face aux nombreux plans sociaux et aux restructurations des labels musicaux, de nombreuses « personnalités » du disque font, à l’instar de Christophe Karcher, le choix de s’extraire d’un système qui peine à s’adapter à ces nouveaux modèles économiques. Actuellement la musique numérique représente environ 10% du CA d’une major, et ce chiffre est en constante évolution. Il faudra sûrement attendre encore quelques années pour que le CD tire sa révérence au profit du numérique, et que les grands du secteur, si ils sont toujours la, réinventent leur business model.

Remy Algava

Comments are now closed for this article.