Taxer l’E-PUB pour financer l’industrie culturelle ?

Mission Zelnik : 22 propositions

Le rapport Zelnik qui a pour but de développer l’offre légale culturelle en ligne a été remis au ministre de la culture Frédéric Mitterrand ce mois de janvier 2010. Ce rapport propose 22 solutions pour répondre à cette problématique. Parmi une de ses propositions, une a retenu l’attention de notre président Nicolas Sarkozy : la taxe sur la publicité en ligne.

nicolas sarkozy

Marché de la communication sur Internet en France : plus de 2 milliards d’euros

search-display

Aujourd’hui les internautes français sont exposés tout les mois à plus de 60 milliards de bannières publicitaires en naviguant sur un site web, dans les réseaux sociaux ou en regardant une vidéo. A cela s’ajoute les « liens sponsorisés » qui apparaissent a chaque fois que l’on fait une requête sur un moteur de recherche.

Et la diffusion de ces formes de publicité en ligne a généré plus de 1,3 milliard d’euros de recettes nettes pour les régies Internet françaises en 2008 (source : étude Capgemini pour le Syndicat des régies Internet (SRI)).

En plus du « search » (liens sponsorisés) et du « display » (bannières, vidéo) qui représente 60% de l’ensemble du marché du marketing interactif, il faut savoir qu’il y a d’autres formes de publicité en ligne qui pourrait être taxé. Ainsi, il faudrait ajouter les PagesJaunes en ligne, les campagnes marketing d’emailing, l’affiliation, les comparateurs de prix, et autres…

En prenant en compte tout ces outils de promotion en ligne, la taxe (1 à 2% du chiffre d’affaire publicitaire d’après le rapport Zelnik) pourrait donc toucher un marché de la communication sur Internet en France qui pèse plus de 2 milliards d’euros.

Réactions des acteurs du Web et impact de la proposition

Sans surprise, « Renaissance numérique », une association qui regroupe les dirigeants d’entreprises d’Internet s’est dit consterné par cette proposition car d’après eux le Web a apporté des bénéfices aux artistes.

De son côté, Google qui se sent particulièrement visé, a demandé à ces juristes d’éplucher le rapport car il redoute que la taxe ne cible que lui. Puis d’un autre côté, Microsoft relativise : « cette taxe n’est qu’une des 22 propositions du rapport, estime Marc Mossé, le directeur des affaires publiques et juridiques en France.

Outre les champions internationaux américains du Web, cette supposé addition concerne aussi la majorité des groupes de service en ligne français, ce qui laisse l’application de cette taxe perplexe. En effet, l’Asic (Association des Services Internet Communautaires) expliquait en octobre dernier à la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) que : “toute taxation de ce type d’activité rendrait le territoire français hostile aux investissements des acteurs internationaux du numérique et pénaliserait lourdement le développement des acteurs français, potentiels champions internationaux”.

Il reste donc à notre cher président Nicolas Sarkozy, qui a repris le dossier en main, de trancher la question.

David VUONG – MBA MCI Full Time (e=MCI)

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