Une page de votre site web à disparu ?

Je vais vous raconter une anecdote vécue qui confirme la citation de l’humoriste américain Mark Twain : “Fiction is obliged to stick to possibilities. Truth isn’t.”. Que je traduirai par “La fiction se doit de respecter la vraisemblance, la vérité peut s’en passer”

Il y quelques mois, entre deux conférences du LeWeb’09, au buffet et un café chaud en main, je lie conversation avec un journaliste très volubile et sympathique, style geek « vintage ». Issus de la même génération, nous démarrons une conversation genre “pionniers de l’informatique”.

Je lui explique que la passion pour l’informatique et les ordinateurs m’était venue en lisant “GIANT BRAINS OR MACHINES THAT THINK” de Edmund Callis Berkeley, livre que j’ai lu en 1960, mais qui a été édité en 1949. On y parlait déjà de l’e-mailing !

Je lui expliquai aussi que j’avais découvert Internet en 1995 au clavier d’un Mac équipé du premier navigateur pouvant afficher des images : “NCSA mosaic”.

Mosaic

Marc Andreessen, l’un des fondateurs de Netscape, avait participé à cette innovation ! Je râlais en me remémorant que bien souvent les pages demandées n’étaient pas trouvées. J’exprimai néanmoins mon admiration pour cette nouvelle façon extraordinaire d’obtenir des informations !
Il écoutait mes anecdotes en souriant, mais quand il prit la parole je me rendis compte que lui, il était un vrai pionnier ! Il avait en effet travaillé en 1990 au CERN, et son travail était lié à celui de Tim Berners Lee, l’inventeur du WorldWideWeb et des liens hypertexte. Comme tous les grands chercheurs, modeste, Tim déclara plus tard : « Je n’ai fait que prendre le principe d’hypertexte et le relier au principe du TCP et du DNS et alors – boum ! – ce fut le World Wide Web ! ».

Et c’est là que mon interlocuteur me raconta que son bureau était au 4e étage du CERN, et quatrième du couloir, bureau 404. À cette époque, les réseaux étaient instables de même que les fameux serveurs DNS. Il était fréquent que la requête des premiers ordinateurs n’aboutisse pas. Cela posait un problème : comment recenser et tracer les causes de ces incidents ?

Chaque chercheur confronté à ce problème remplissait alors une fiche décrivant les circonstances et l’heure exacte de l’incident, puis l’envoyait au bureau de mon passionnant interlocuteur. Un grand tampon rouge était apposé sur la fiche, et elles étaient nombreuses ! Ce tampon permettait au service du courrier d’acheminer rapidement la fiche à son bureau. Le tampon indiquait “ERREUR bureau 404″.

Il saisissait alors les fiches reçues sur un ordinateur dont il me montra la photo, tout fier.
ordi

Lorsque les spécifications du HTTP 0.9 furent rédigées en 1992, ne voulant pas perturber les habitudes, il fut décidé de coder ce type d’erreur « ERROR 404 », et de l’expliciter avec le libellé « PAGE NOT FOUND ».

Ce code existe encore de nos jours. Mais aujourd’hui, Internet étant plus ludique, les codeurs HTML créent sur leur serveur des pages plus sympathiques et explicites, l’erreur étant redirigée par HTACCESS. Vous pouvez en voir quelques exemples ici

Comme quoi les choses les plus étranges ont souvent une origine toute bête !

Et comme le temps passe vite !

Si vous vous intéressez à l’histoire de l’informatique et des origines d’Internet, je vous recommande de visionner cette vidéo.

Flavio Papa Techera, MBA MCI part-time 2008/2009

4 Comments

  1. Quelle histoire incroyable!

  2. LERAY

    Dingue cette histoire … on se crorait à l’ère de la préhistoire!!!!

  3. No'

    Incroyable est le mot! Étonnant de voir la création de l’erreur 404

  4. Sophie

    Très drôle cette anedocte. Les choses ont souvent une origine très simple …