Wikileaks et la liberté d’expression

Le 4 décembre, l’Association  “reporters sans frontières” condamnait les blocages, les cyber attaques ainsi que les pressions politiques dont sont victimes le site wikileaks et son fondateur Julian Assange.

Petit rappel des faits : en début de semaine, après la publication de quelques unes des notes les plus croustillantes  en sa possession  (250 000 annoncées), Wikileaks a du déplacer son serveur de Suède aux États Unis sur le cloud de Amazon.  Mais là encore, les choses ont rapidement dégénéré et  Amazon,  sous la pression  du comité pour la sécurité intérieur du pays du sénat américain présidé par le sénateur Joe Leberman, a simplement du renoncer à continuer à héberger cet hôte fortement indésirable. SDF, Wikileaks a alors trouvé refuge chez l’hébergeur français OVH  mais ce répit ne semble que provisoire puisque le ministre de l’industrie Eric Besson a indiqué que le gouvernement français cherchait un moyen de bannir ce site de France.

La France elle aussi se met donc à jouer au jeu populaire de la patate chaude…

Mauvaises joueuses, La chine et la Thailande ont quant à  elles purement et simplement bloqué les accès à ce site.

Ejecté de tous les hébergeurs, lâché par son fournisseur de nom de domaine everyDNS, attaqué par des hackers nationalistes pensant que ce site met en danger la vie des soldats américains, le site wikileaks est en danger.

C’est la première fois qu’il y a une tentative  au niveau de la communauté internationale de boycotter  un site qui  prône pourtant  des valeurs comme la transparence et le droit à l’information.

Aujourd’hui, la France et les Etas Unis  rejoignent la ligne politique de la Chine, utilisant les pressions politiques et l’intimidation au lieu de laisser faire la justice.  Pourtant wikileaks a parfaitement le droit, si l’on s’en tient au premier amendement de la constitution américaine, de publier ces documents, d’autant plus que ces documents sont mis à la disposition des journalistes et du grand public.

Pour la première fois depuis l’avènement du net, la notion de neutralité  est remise en cause.

Quand un journaliste parvient à se procurer des notes « confidentielles » qui se retrouve en première page du monde ou du Parisien, on parle de scoop : C’est l’instantanéité et la large couverture assurée par la nature même du média  qui est le nœud du problème. Peut être aussi le niveau de sécurité des échanges dits confidentiels…la valise diplomatique ressemble désormais à une large passoire.

Mais le net est instantané et universel  : c’est une réalité qu’il va falloir que les grands de ce  monde  digèrent rapidement pour mieux s’en protéger. Au lieu de s’insurger de la publication de ces documents, il serait peut être plus pertinent de sécuriser les modes de communication. Ce que wikileaks a trouvé, d’autres peut être moins bien intentionnés peuvent le faire.

Catherine EDMOND

MCI PART TIME 2010/2011

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